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CHRONIQUE DE L’AUTRE BOMBAY

Le "cin?ma massala" de Bollywood

Monday 19 January 2004, by INCIYAN*Erich

Bombay de notre envoy? sp?cial

Les figurants entrent dans l’enceinte de Film City par une porte sans pr?tention. Ici bat le c?ur de l’industrie cin?matographique de Bombay, les mythiques studios de Bollywood.

Leur recette incorpore la romance contrari?e d’un couple d’amoureux, de l’action, des chor?graphies, un minimum de six chansons, et l’hindi comme langue principale. Une marque de fabrique connue sous le nom de "cin?ma massala" (m?lange d’?pices). Bon an mal an, quelque deux cents com?dies musicales y sont r?alis?es, soit pr?s du quart de la production nationale.

Sur une colline verdoyante, Jackie Shroff, l’une des vedettes les plus adul?es de Bollywood, est en train de tourner. "En vingt ans de carri?re, j’ai jou? dans 160 films", dit-il, devant un chalet ?galement familier des ?crans. S’?tendant sur 200 hectares ferm?s au public, en lisi?re de la ville, le quartier de Film City comprend aussi "seize studios de tournage avec air conditionn?, deux lacs, des d?cors de villes et de villages, des champs et de la jungle, deux temples et une ?glise, une prison, un commissariat et un h?liport", selon le responsable des relations avec la presse. Cet apr?s-midi, les ?quipes de deux films et de six t?l?films sont ? l’ouvrage.

L’HINGLISH FAIT RECETTE

Comme son cousin californien, Bollywood peut compter sur un march? domestique suffisant pour amortir les co?ts. "Avec ses 13 000 salles, le cin?ma indien r?siste fortement ? Hollywood, qui a conquis moins de 5 % des parts, malgr? son argent et ses effets sp?ciaux", explique Meenakshi Shedde, une critique de Bombay, qui a particip? aux jurys des festivals de Berlin, Cannes, et Venise.

Une vague d’?checs commerciaux a cependant secou? le secteur dans les ann?es 1990. Lassitude d’un public qui, via la t?l?vision et les cassettes, compare avec les productions am?ricaines ? "Bollywood produit toujours ses films sans se soucier du sc?nario. M?me pour Laagan, de Gowariker, nomin? aux Oscars, la musique a ?t? ?crite avant le script", ajoute la journaliste, qui ?voque aussi les rigidit?s d’"un syst?me tr?s contr?l? par les stars, comme ? Hollywood". Le grand banditisme, avec ses "parrains" qui imposent des acteurs et leurs producteurs, passant de la menace aux agressions pour mieux blanchir leurs fonds dans le secteur, joue aussi son r?le.

Des parades ont ?t? trouv?es pour enrayer la crise, qui a rebondi, ces derni?res ann?es, avec 95 % de films non b?n?ficiaires. Des sc?narios moins r?p?titifs que ceux des "s?ries B" (comme Bollywood) ciblent les diasporas. Un ingr?dient - l’un des amoureux du couple de vedettes vit en Angleterre - a cors? le massala. Mariant l’anglais et l’hindi, des "hinglish" films gagnent de nouveaux publics.

Tout en continuant ? travailler pour Bollywood, des metteurs en sc?ne r?alisent des projets plus sensibles, ? l’image du Trist with Destiny de Sudhir Mishra, gr?ce ? des coproductions internationales. Acteur et metteur en sc?ne, Rahul Vohra esp?re que le d?veloppement de salles multiplexes dans plusieurs grandes villes "permettra au cin?ma d’auteur indien de tenir l’affiche". Pour l’heure, il semble surtout avoir favoris? des superproductions am?ricaines comme Jurassic Park.

Produits en Am?rique du Nord, des films comme Salaam Bombay ! de Mira Nair ont montr? la voie. Elle aussi d’origine indienne, Deepa Mehta a ?t? confront?e ? un autre type de rigidit?. La projection de son film Fire, une histoire de lesbiennes, avec une production canadienne et une ?quipe largement indienne, a ?t? arr?t?e, ? Bombay, quand des hindouistes proches du mouvement qui dirige la municipalit? (le Shiv Sena) ont lanc? des bouteilles incendiaires sur le cin?ma.

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