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Les ravages d’une guerre arbitraire

Modernes mercenaires de la s?curit?

Par PIERRE CONESA

Monday 16 June 2003, by CONESA*Pierre

Le 6 f?vrier 2003, le S?nat fran?ais adoptait, en premi?re lecture, un projet de loi r?primant l’activit? de mercenaire, d?pos? au d?but de l’ann?e 2002 par le gouvernement pr?c?dent. Dans ce registre, aux ? chiens de guerre ? des d?cennies pass?es se sont substitu?es des entreprises priv?es de s?curit? agissant sans aucun contr?le et souvent pour le Pentagone - de la Bosnie ? la Colombie, du Burundi au Kowe?t.

? Quand nous avions besoin de soldats aguerris pour s?parer les combattants des r?fugi?s,j’avais envisag? la possibilit? d’engager une firme priv?e. Mais le monde n’est peut-?tre pas pr?t ? privatiser la paix ?, avait d?clar?, apr?s le g?nocide au Rwanda, M. Kofi Annan, alors secr?taire g?n?ral adjoint de l’Organisation des Nations unies (ONU), charg? des op?rations de paix (1). Si ces activit?s militaires priv?es rencontrent de la m?fiance en France (2), elles recueillent plus de compr?hension dans le monde anglo-saxon, o? certains envisagent de ? cr?er des forces de mercenaires volontaires organis?s par des entreprises priv?es, pour mener des guerres sur une base contractuelle pour le compte des Nations unies (3) ?.

La r?apparition de mercenaires dans certaines crises africaines, comme r?cemment en C?te d’Ivoire, rappelle que le probl?me n’est pas aussi simple. Pour la premi?re fois, une autorit? politique - la Chambre des Communes de Londres - a publi? un rapport sur la question, le 12 f?vrier 2002, et s’interroge sur l’activit? r?elle des ces ? compagnies militaires priv?es ? autrement qu’en termes manich?ens. Elle tente de poser les bases d’une r?flexion politique pour cadrer le d?bat sur le mercenariat.

Depuis une quinzaine d’ann?es, une partie de la plan?te est sujette ? une profonde ? somalisation ? : l’?clatement et la dissolution des structures de pouvoir de certains Etats min?s par la corruption conduisent ? la renaissance d’identit?s pr?coloniales et ? l’effondrement de l’?conomie l?gale. Des ? groupes arm?s non ?tatiques ? - plus de 400, r?partis dans pr?s de 90 pays - sont devenus les v?ritables acteurs de ces crises de basse intensit? (4).

Ceux d’origine politique sont les plus traditionnels : leur objectif d?clar? reste la prise du pouvoir, mais - priv?s des ressources de Washington ou de Moscou par la fin de la guerre froide - ils ont d?clin? toute une gamme de moyens pour trouver les ressources n?cessaires ? leur survie. Tel fut le cas du Sentier lumineux p?ruvien. Dans le contexte tr?s particulier de la Colombie, les Forces arm?es r?volutionnaires de Colombie (FARC) ont recours aux enl?vements et ? un imp?t sur la coca, ou sur la premi?re ?tape de la transformation de celle-ci en coca?ne (p?te base) pour se financer : mais l’argent du narcotrafic finance tout autant les paramilitaires (lire Les paramilitaires au coeur du terrorisme d’Etat colombien et Dangereuse escalade), a p?n?tr? l’arm?e et les secteurs ?conomiques ? respectables ? ainsi que la classe politique.

Dans le cas alg?rien, l’Arm?e islamique du salut (AIS), bras arm? du Front islamique du salut (FIS) qui affichait des objectifs politiques, a disparu pour laisser la place aux Groupes islamistes arm?s (GIA) dont les activit?s criminelles (vol, pillage et massacres) sont devenues essentielles ? leur survie et m?me ? leur identit? (5). D’autres n’ont pour ambition que de prot?ger l’espace traditionnel de leurs clans ou de leurs ethnies, sans objectif national affirm?, comme les technicals somaliens ou les factions tchadiennes.

Certains groupes arm?s non ?tatiques sont d’essence exclusivement criminelle, m?me s’ils disposent d’une base sociale, comme la Shan United Army du Myanmar, ou plus r?cemment certaines confr?ries de pirates de mer de Chine du Sud, ou des mafias ethniques de Russie qui n’ont pour objet que la p?rennit? de leurs activit?s d?lictueuses.

Un ph?nom?ne plan?taire A c?t? de ce d?tournement de la violence politique, qui change beaucoup l’image du traditionnel gu?rillero, le d?veloppement de milices priv?es est un processus de ? centre-am?ricanisation ?. Des int?r?ts priv?s ou des agents des forces de s?curit? se transforment pour lutter contre les gu?rillas ou certaines formes de d?linquance irr?ductibles. Les milices d’extr?me droite colombiennes, salvadoriennes ou br?siliennes peuvent ?tre des excroissances des forces de s?curit? (comme les ? escadrons de la mort ?) ou des groupes au service d’int?r?ts priv?s de grands propri?taires fonciers (massacres de paysans, de syndicalistes, racket) ou m?me - en sous-main - de l’Etat.

Dans le cas des Autod?fenses unies de Colombie (AUC), disposant d’environ 10 000 combattants, principales responsables des assassinats de paysans et de syndicalistes, la milice tire ses ressources essentielles du trafic de coca?ne : son leader Carlos Casta?o est sous le coup d’une (tr?s r?cente) demande d’extradition des Etats-Unis.

Ces groupes peuvent ?tre aussi des citoyens en armes assurant des missions de s?curit?, comme les milices, groupes de patriotes, et autres gardes communales alg?riennes, qui compteraient jusqu’? 140 000 personnes (6). Dans ce cas, l’Arm?e nationale populaire alg?rienne (ANP), trop peu s?re de l’appui de la population pour lutter contre les groupes islamiques arm?s, aurait choisi de ? privatiser ? la s?curit? en s’appuyant sur les anciens moudjahidins. On constate, avec les chefs de guerre afghans, combien les fronti?res de classification sont floues entre gu?rillas politiques, ethniques, criminelles, et milices claniques.

L’aide financi?re ou militaire internationale avait pour effet d’encourager l’unit? de ces groupes, qu’ils soient rebelles ou ?tatiques, en assurant une certaine stabilit? politique et des revenus r?guliers. Mais la perte de ces soutiens a renvers? la tendance et exacerb? le caract?re fragmentaire, volatil et impr?visible de ces ? groupes arm?s non ?tatiques ?. La radicalisation de certains d’entre eux est le signe tangible de leur adaptation aux conditions nouvelles pour accaparer les ressources. Ainsi aux nouvelles ?conomies de guerres fond?es sur la pr?dation et la criminalisation, correspond une forme d’organisation politique tr?s dispers?e et souvent autonome - d’une violence extr?me.

Longtemps cantonn? ? des zones sp?cifiques ou ? des sanctuaires, le ph?nom?ne est d?sormais pr?sent sur l’ensemble de la plan?te. La fin de l’ordre de la guerre froide a lev? les contraintes mat?rielles qui entravaient son d?veloppement. Il a permis notamment la circulation de quantit? d’armes de guerre venant des anciens pays socialistes et du march? libre am?ricain (7), mais aussi l’acc?s aux ?conomies des pays occidentaux pour financer les activit?s criminelles (drogue, diamants). Le caract?re transnational de ces activit?s constitue la plus efficace des protections face ? des Etats peu ? m?me d’agir au-del? de leurs fronti?res.

Cette explosion de la violence priv?e a entra?n? la multiplication des petits foyers de crise qui ne suscitent plus obligatoirement l’int?r?t des grandes puissances, peu d?sireuses d’y engager des forces, a fortiori sous mandat onusien. Les Etats locaux affaiblis, quelle que soit leur l?gitimit?, sont d?pourvus de moyens militaires suffisants, et ont parfois recours aux soci?t?s de s?curit? internationales. Certains imposent aux investisseurs ou acteurs ?trangers d’assu-rer eux-m?mes la protection de leurs installations, comme c’est le cas pour les p?troliers en Angola, au Congo ou en Alg?rie : formation, s?curisation de sites, mais aussi mercenariat actif. L’Afrique est le continent de pr?dilection de telles activit?s.

Autre cons?quence : les risques criminels se multiplient pour les acteurs priv?s (entreprises, organisations non gouvernementales) ou publics (organisations onusiennes) de dimension internationale, qui n’ont d?sormais plus d’interlocuteurs ?tatiques cr?dibles dans les zones de crise. Le d?veloppement de soci?t?s de s?curit? ? vocation internationale constitue la r?ponse priv?e ? cette nouvelle situation, au point que ? la plus grande partie du fardeau consistant ? d?fendre la soci?t? contre la menace de conflits de basse intensit? sera transf?r?e au secteur de la s?curit? priv?e en pleine expansion (8) ?. Si le rapport entre les gardes priv?s de s?curit? et les forces de police officielles s’?tablit ? trois pour un dans les pays d?velopp?s, il irait jusqu’? dix pour un, voire plus, dans certains pays en crise.

La strat?gie de financement de l’Arm?e de lib?ration nationale (ELN) colombienne s’est d?velopp?e dans la zone p?trolif?re de Santander. L’ol?oduc Limon-Cove?as a ?t? dynamit? plus de quatre cents fois en huit ans, soit une fois par semaine, et les secuestrados (cadres ?trangers enlev?s) ne sont rendus que contre forte ran?on. La compagnie nationale, qui refuse sur ordre du gouvernement de payer le tarif de la ? protection ? de la gu?rilla, a ?t? victime d’un nombre impressionnant d’attentats au point de se retrouver ?conomiquement menac?e.

Le rapport d’enqu?te sur la fourniture d’armes ? la Sierra Leone, rendu par Sir Thomas Klegg et Robin Ibbs devant la Chambre des communes le 27 juillet 1998 ? Londres, dressait la liste des activit?s propos?es : conseil, formation, soutien logistique, d?minage, fourniture de personnel de surveillance, les soci?t?s allant jusqu’au mercenariat. Mais il reconnaissait la difficult? de diff?rencier clairement les types de soci?t?s sur cette base.

Le d?sengagement des grandes puissances, conjugu? ? la relative incapacit? de l’ONU ? mobiliser des forces, a facilit? la reprise des activit?s de mercenariat ? l’occasion de certains conflits africains, en raison de la demande d’Etats faibles et parfois dictatoriaux, dans les ann?es 1990. Les premi?res soci?t?s qui ont attir? l’attention ?taient d’origine sud-africaine (Executive Outcomes), isra?liennes (Levdan), britanniques (Sandline) ou am?ricaines (MPRI), et sont intervenues dans des crises ? fort enjeu ?conomique (le p?trole en Angola, le diamant en Sierra Leone). Les commanditaires pouvaient ?tre des gouvernements locaux, des entreprises (mini?res ou ?nerg?tiques surtout) ou des institutions internationales (Banque mondiale, ONU). Les analystes y ont vu, avec raison, la r?surgence d’un n?o-mercenariat (9).

Executive Outcomes (EO), cas le plus symbolique, a ?t? cr??e en 1989 par d’anciens militaires d’origine sud-africaine : son premier contrat, en 1992, avec des soci?t?s p?troli?res, consistait ? d?gager et s?curiser certaines zones tenues par l’Unita. Son succ?s lui valut deux contrats de 80 millions de dollars avec le gouvernement angolais : Luanda avait fait remarquer que les diff?rentes actions de l’ONU (forces d’interposition et observateurs), beaucoup plus on?reuses, ?taient rest?es sans effet. A son apog?e, EO ?tait pr?sente dans plus de trente pays essentiellement africains, avec pr?s de 500 employ?s en Angola et en Sierra Leone. La compagnie a ?t? officiellement dissoute en 1998.

Mais le ph?nom?ne ne se limite pas au mercenariat. Les activit?s des soci?t?s de s?curit? internationales r?pondent ? un besoin plus large ; elles vont de l’analyse de ? risque-pays ? pour des investisseurs au conseil ? des gouvernements en mati?re d’organisation militaire ou d’achat d’?quipements et m?me d’entra?nement des forces (y compris au combat), en passant par le soutien logistique aux op?rations humanitaires ou aux forces des Nations unies. L’audit de la s?curit? de sites pour des entreprises - de l’encadrement au d?minage - fait ?galement partie des services propos?s.

L’essentiel du chiffre d’affaires de ces soci?t?s ne se fait d’ailleurs pas outre-mer mais dans les pays du Nord, o? les arm?es occidentales professionnalis?es privatisent de plus en plus d’activit?s : gardiennage, entretien, maintenance, formation, coop?ration. Le secteur ?largi de l’industrie de s?curit? priv?e repr?senterait un chiffre d’affaires d’une cinquantaine de milliards de dollars (toutes cat?gories confondues) ; plus de 2 millions de personnes y travaillent, Etats-Unis compris, dont 800 000 personnes en Europe. Rien qu’en France, selon l’ex-officier de gendarmerie Paul Barril (lui-m?me reconverti dans la s?curit? priv?e), ce secteur repr?senterait 1,5 milliard d’euros et 90 000 emplois - soit un effectif comparable ? la gendarmerie. Il y aurait environ 300 000 entreprises de s?curit? et d’assistance militaire de toute taille dans le monde. Plus d’une centaine de compagnies de dimension internationale travaillent sous contrat en Afrique et dans des pays comme la Colombie ou l’Indon?sie (10).

L’id?ologie lib?rale des institutions financi?res internationales ou des Etats anglo-saxons pousse ? des formules de recours au priv?, notamment dans le domaine de la formation militaire ou de l’appui logistique. Elle m?ne ? des privatisations inattendues, comme celle des douanes au Mozambique, en Angola, ou en Bulgarie avec la soci?t? britannique Crown Agency. Pr?sent?e comme une arme de lutte contre la corruption de l’administration locale, cette technique ne semble pas donner des r?sultats significatifs et, de plus, rappelle ?trangement les m?thodes de la p?n?tration coloniale du XIXe si?cle.

Le calcul co?t-efficacit? incite aussi parfois ? ce genre de solution priv?e. Le contrat pass? par le r?gime du capitaine Strasser avec Executive Outcomes en 1995, en Sierra Leone, d’un montant de 35 millions de dollars pour vingt et un mois d’op?rations - qui avait abouti ? un processus de n?gociations avec le mouvement rebelle du Front r?volutionnaire uni (RUF) - fut moins on?reux que les 247 millions de dollars d?pens?s pour le d?ploiement durant huit mois d’observateurs de l’ONU, finalement inefficace.

La professionnalisation des arm?es et la baisse g?n?rale des effectifs dans les pays d?velopp?s avec la fin de la guerre froide, qui auront conduit ? la d?mobilisation de pr?s de cinq millions d’hommes entre 1985 et 1996 sans toujours s’accompagner de mesures ?conomiques et sociales, a fourni une vaste main-d’oeuvre ? ces soci?t?s de s?curit? priv?es. Les nationalit?s de ces personnels sont significatives : Afrique du Sud, Isra?l, Royaume-Uni, Etats-Unis, France, Bulgarie, Ukraine, Russie...

Le d?bat sur l’activit? de ces soci?t?s est fortement influenc? par deux a priori. D’une part, les premi?res activit?s se sont d?roul?es sur des th??tres africains, men?es par des soci?t?s d’origine sud-africaine et isra?lienne, ce qui a imm?diatement rappel? le temps des compagnies priv?es de la colonisation, et surtout raviv? les souvenirs de mercenariat des ann?es 1960 et 1970. Quand certaines de ces soci?t?s interviennent aujourd’hui en Tch?tch?nie ou en Somalie, ce pr?jug? tombe.

D’autre part, les premiers commanditaires ont souvent ?t? des r?gimes politiques (pr?dateurs et incomp?tents) ou des entreprises mini?res ou ?nerg?tiques. La suspicion sur les intentions r?elles du contrat pr?valait. Quand ces soci?t?s agissent pour le compte d’ONG humanitaires (?valuation des risques, formation des personnels ? la s?curit?, s?curisation de sites, et aussi d?minage et conseils pour des populations d?plac?es ou lib?ration d’otages...), la question doit ?tre examin?e sous un autre angle. On a alors le sentiment que les interrogations sur la l?gitimit? de cette activit? sont plus ?thiques que pratiques.

Un d?bat approfondi sur l’interdiction du mercenariat suppose une clarification de ces grandes questions, sauf ? rendre les textes internationaux actuels ou futurs peu applicables. Ainsi, au-del? des ? mercenaires ?, les ? volontaires ? sont exclus du premier protocole additionnel de 1997 ? la Convention de Gen?ve sur le mercenariat ou des conventions de l’OUA (3 juillet 1977) ? si leurs motivations sont id?alistes ? : c’est la difficult? juridique que rencontrent les Am?ricains avec les prisonniers de Guantanamo. Certaines soci?t?s, comme Sandline en Papouasie-Nouvelle-Guin?e, contournent les textes en imposant par contrat un grade dans l’arm?e locale pour leurs salari?s.

Insuffisance du dispositif juridique Leur responsabilit?, voire leur l?gitimit?, suppose la transparence de leurs structures capitalistiques, afin de ne pas retrouver certaines pratiques critiquables, comme par exemple les liens unissant Executive Outcomes et sa branche mini?re Branch Heritage Group. Mais quelques soci?t?s ont install? leurs si?ges sociaux dans des places off shore. La responsabilit? p?nale des hommes dans leurs actions de terrain passe par la responsabilit? de la personne morale. Dans ce sens, la structuration en soci?t?s ? officielles ? offre a priori, sous certaines conditions, une garantie meilleure que les actions quasi individuelles des ann?es 1960 et 1970.

Le respect de la souverainet? de l’Etat dans lequel se d?roulent ces activit?s doit rester l’objectif final de l’intervention. La n?gociation et le paiement de la ran?on de personnes kidnapp?es se font discr?tement, par le truchement de soci?t?s priv?es de s?curit? mandat?es par les compagnies d’assurance, le plus souvent londoniennes, sans intervention aucune des Etats, surtout si ceux-ci ont une politique officielle de non-n?gociation avec les preneurs d’otages (11). Ainsi, dans une certaine mesure, la privatisation de la s?curit? contribue-t-elle ? entretenir l’activit? de prise d’otages.

La nature du contrat, ses modalit?s et sa dur?e demeurent essentielles. La privatisation de certaines ressources du pays, parfois li?e ? certains de ces contrats, par exemple sous forme de r?mun?rations en nature, constitue un pis-aller qui doit ?tre encadr?. En outre, la question des rapports de ces soci?t?s avec les Etats d?mocratiques o? elles sont n?es est un champ de r?flexion important. La d?livrance de licences d’accr?ditation (comme cela se pratique aux Etats-Unis) ou l’?laboration d’un code ?thique interne ? la profession repr?sentent deux modalit?s de r?glementation de l’activit?, qui pourraient garantir aux Etats du Sud, commanditaires, le s?rieux des entreprises. La compatibilit? de leur action avec les objectifs de politique ext?rieure des grandes d?mocraties reste ?galement ? d?finir.

L’insuffisance du dispositif juridique interdisant le mercenariat est donc grave, mais toute approche en la mati?re resterait imparfaite si elle ne prenait pas en compte le probl?me de l’encadrement des activit?s priv?es de soci?t?s internationales de s?curit?.

P.S.

(1) Cit? dans ? Private military companies : options for regulations ?, rapport de la Chambre des communes, 12 f?vrier 2002.

(2) Richard Banegas, ? Le nouveau business mercenaire ?, in Critique internationale, Paris, automne 1998.

(3) Alvin Toffler, Guerre et contre-guerre, Fayard, Paris, 1994.

(4) Lire Arnaud De la Grange et Jean-Marc Balancie (sous la direction de), Mondes rebelles, Michalon, 2002.

(5) Selma Belaala, Sociologie de la violence extr?me, th?se de sciences politiques, Paris (? para?tre).

(6) Djamel Benramdane : ? Une violence "tol?rable" en Alg?rie ?, Le Monde diplomatique, mars 1999.

(7) Les statistiques sur les armes circulant aux Etats-Unis sont inexistantes. On parle de trois cents millions d’armes individuelles. Il est certain que les avions de tourisme qui font le trafic de drogue vers la Floride ne repartent pas ? vide.

(8) Martin Van Crevelde, Transformation of War, Hardcover, New York, 1991.

(9) Voir, sur internet, le rapport Multinationales de mercenaires, ou Mercenaires SA, de Philippe Chapleau et Fran?ois Missier, Descl?e de Brouwer, Paris, 1998.

(10) Chiffres donn?s par Multinationales de mercenaire, op. cit. bien analys?s par Richard Banegas, d?j? cit?.

(11) On a vu le cas d’un groupe, disposant sur ordinateur du CV de la personne qu’il se proposait d’enlever, pour s’assurer de la valeur ? marchande ? de la victime. La loi fran?aise interdit aux soci?t?s d’assurances de payer les ran?ons, et les entreprises internationales assurent leurs expatri?s ? Londres contre ce genre de risques.

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