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Fun ?railles en catimini pour l’ex-chef du Parti communiste chinois, Zhao Ziyang

samedi 29 janvier 2005, par PHILIP*Bruno

Aucun dirigeant de premier plan ne s’est rendu au cimeti ?re de P ?kin, o ? s’est tenue la "c ?r ?monie d’adieu" pour le secr ?taire g ?n ?ral limog ? lors des ?v ?nements de Tiananmen.

P ?kin de notre correspondant

L’ancien dirigeant r ?formiste chinois Zhao Ziyang a ?t ? incin ?r ?, samedi 29 janvier ? P ?kin, dans l’enceinte du "cimeti ?re r ?volutionnaire" de Babaoshan en pr ?sence de 2 000 personnes et d’un millier de policiers en civil et en uniforme post ?s aux alentours. Depuis sa mort, survenue le 17 janvier, ? l’ ?ge de 85 ans, la famille de l’ancien premier ministre et secr ?taire g ?n ?ral du Parti communiste, limog ? en 1989 au moment des ?v ?nements de Tiananmen, "n ?gociait" sur les modalit ?s de la "c ?r ?monie d’adieu", selon la phras ?ologie en vigueur : il s’agissait de savoir quelle ampleur le pouvoir donnerait ? ces fun ?railles, et surtout quelles formules seraient utilis ?es pour honorer la m ?moire de Zhao, d ?c ?d ? apr ?s avoir pass ? quinze ans en r ?sidence surveill ?e dans son domicile du centre de P ?kin.

Officiellement, et la d ?p ?che de l’agence Chine nouvelle de samedi l’a rappel ?, Zhao a commis une "grave erreur" en ayant os ? s’afficher sur la place Tiananmen aux c ?t ?s des ?tudiants protestataires en gr ?ve de la faim juste avant que s’accomplisse un massacre qui fit des centaines ou des milliers de morts, les 3 et 4 juin 1989. Zhao a donc "soutenu les ?meutes" et "divis ? le parti" et ce sont pr ?cis ?ment ces jugements de valeur que la famille du disparu souhaitait ne pas entendre prononcer lors de la cr ?mation. Aucun texte n’a ainsi ?t ? lu durant celle-ci, dont l’organisation a cependant ?t ? critiqu ?e la veille par la fille de Zhao, Wang Yannan. Celle-ci a d ?clar ? par t ?l ?phone ? l’AFP : "La c ?r ?monie -de samedi- sera une c ?r ?monie purement officielle. Je ne serai jamais d’accord avec la fa ?on dont les choses ont ?t ? arrang ?es." La d ?p ?che de l’agence Chine nouvelle annon ?ant, samedi, l’incin ?ration ne mentionne m ?me pas les fonctions pass ?es du disparu, se bornant ? indiquer que "durant la premi ?re p ?riode de r ?forme et d’ouverture, Zhao a assum ? des fonctions de direction du parti et de l’Etat importantes, contribuant ? la cause du parti et du peuple. Il a commis de graves erreurs pendant les troubles politiques durant le printemps- ?t ? 1989".

La personnalit ? la plus en vue repr ?sentant le pouvoir lors des fun ?railles a ?t ? Jia Qingling, le pr ?sident de la Conf ?rence consultative politique du peuple chinois — une chambre d ?nu ?e de pouvoirs r ?els —, venu assister ? la c ?r ?monie "au nom des leaders de l’autorit ? centrale" et pr ?senter les condol ?ances du gouvernement. Le premier ministre, Wen Jiabao, qui fut le bras droit de Zhao Ziyang, ne s’est pas d ?plac ?. Dans un geste de conciliation, l’ancien secr ?taire particulier de Zhao, Bao Tong, qui vit ? P ?kin sous surveillance, a cependant ?t ? autoris ? ? se recueillir devant la d ?pouille du d ?funt dans un h ?pital p ?kinois.

MANIFESTATION ? HONGKONG

A l’ext ?rieur du cimeti ?re de Babaoshan, environ 80 personnes, pour la plupart des retrait ?s, s’ ?taient r ?unies pour honorer la m ?moire de l’ancien dirigeant. Le front ceint de bandeaux blancs en signe de deuil, ils ont d ?roul ? une grande banderole o ? l’on pouvait lire ces caract ?res : "Que vive l’esprit de Zhao ! Attaquons la corruption !" La plupart ont ?t ? appr ?hend ?s par les policiers, qui les ont d ?log ?s sans violence devant des photographes de la presse. "Zhao ?tait une grande personnalit ?", a observ ?, samedi, un homme venu sp ?cialement de la province centrale du Henan, o ? l’ancien patron du parti ?tait n ?, pour tenter de p ?n ?trer dans le cimeti ?re interdit d’acc ?s. La semaine derni ?re, plusieurs dizaines de partisans de Zhao avaient ?t ? violemment battus par les forces de l’ordre dans P ?kin, alors qu’ils c ?l ?braient publiquement le deuil en ayant ?pingl ? des fleurs blanches ? leurs vestes.

En d ?pit de ces incidents, la mort de celui qui fut l’un des architectes de la nouvelle politique ?conomique des ann ?es 1980 est pass ?e largement inaper ?ue en Chine continentale o ? la plupart des jeunes — m ?me les ?tudiants — ignorent jusqu’ ? son nom. Tel n’a cependant pas ?t ? le cas ? Hongkong, o ? une dizaine de milliers d’habitants de l’ancienne colonie britannique ont d ?fi ? le gouvernement p ?kinois, le 21 janvier, en se r ?unissant au centre de l’ ?le devant de grands portraits de Zhao Ziyang. La fa ?on dont les Hongkongais ont voulu marquer cet ?v ?nement aura d’ailleurs provoqu ? une pol ?mique au sein du Conseil l ?gislatif, le mini-Parlement local, dont les membres appartenant ? des partis pro-P ?kin ont quitt ? la salle en pleine session pour protester contre les d ?put ?s d ?mocrates qui avaient observ ? une minute de silence saluant la m ?moire de Zhao.

P.-S.

Premiers vols directs entre Ta ?peh et P ?kin

Des vols commerciaux ont reli ? directement Ta ?wan et la Chine, samedi 29 janvier, pour la premi ?re fois depuis 1949. L’un apr ?s l’autre, six appareils de la compagnie continentale China Southern Airlines ont atterri ? l’a ?roport international de Ta ?peh. Peu apr ?s, un avion de la principale compagnie ta ?wanaise, China Airlines, avec 231 passagers ? bord s’est pos ? ? P ?kin sous les applaudissements d’invit ?s r ?unis sur le tarmac. En tout, 48 liaisons directes entre la Chine et Ta ?wan seront effectu ?es par 12 compagnies a ?riennes ta ?wanaises et chinoises pour permettre ? des milliers de Ta ?wanais travaillant en Chine de revenir chez eux pour f ?ter le Nouvel An chinois le 9 f ?vrier. On estime ? un million, soit 5 % de la population de l’ ?le, le nombre de Ta ?wanais qui travaillent ou vivent sur le continent. Les nationalistes chinois r ?fugi ?s ? Ta ?wan en 1949 avaient interdit toutes les liaisons commerciales directes entre l’ ?le et la Chine continentale apr ?s l’arriv ?e au pouvoir des communistes ? P ?kin. Depuis la fin des ann ?es 1980, les voyageurs ?taient contraints de changer d’avion ? Hongkong pour traverser le d ?troit de Formose. - (Reuters, AFP.)

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