Debating India

ASSAM

Attentats meurtriers au nord-est de l’Inde

dimanche 3 octobre 2004

Les violences sont intervenues le jour o ? l’Inde comm ?morait la naissance du p ?re de l’ind ?pendance et ap ?tre de la non-violence, le Mahatma Gandhi.

Les violences se poursuivaient, dimanche 3 octobre, dans le nord-est de l’Inde o ? 53 personnes au moins ont ?t ? tu ?es et 161 bless ?es au cours du week-end lors des plus s ?rieux incidents survenus depuis des ann ?es dans cette r ?gion en proie ? la violence, atribu ?e ? des tribus s ?paratistes. Des responsables indiens ont indiqu ? que l’arm ?e serait pr ?te ? intervenir.

Neuf nouveaux d ?c ?s ont ?t ? enregistr ?s dans la nuit de samedi ? dimanche, cinq ? l’h ?pital et quatre lors de nouveaux affrontements, a-t-on appris de source polici ?re. Ces morts sont venues s’ajouter aux 44 personnes tu ?es samedi dans une s ?rie d’explosions et de fusillades dans les deux Etats voisins du Nagaland et d’Assam.

Dimanche, 35 personnes ont encore ?t ? bless ?es dans des violences dans l’Assam. Quinze d’entre elles ont ?t ? bless ?es lors d’une attaque ? la grenade perp ?tr ?e par des rebelles contre un march ? surpeupl ? du district de Sonitpur, dans le nord d’Assam, selon un porte-parole de la police. Deux explosions Gossaigaon et Baska, dans l’ouest de l’Assam, ont ?galement fait 20 bless ?s, a-t-il ajout ?, sans plus de pr ?cision.

Aucune organisation n’a revendiqu ? ces attentats, mais des responsables ont accus ? le Front d ?mocratique national du Bodoland (FDNB), qui lutte depuis 1985 pour la cr ?ation d’un Etat ind ?pendant.

Le secr ?taire g ?n ?ral des Nations unies, Kofi Annan, s’est dit "choqu ? et constern ?". "Le secr ?taire g ?n ?ral condamne vivement ces attentats" et estime qu’"aucune cause ou grief ne peut justifier de tels actes insens ?s et cruels qui visent des civils innocents", a dit le porte-parole de l’ONU, Fred Eckhard, dans un bref communiqu ?.

Les violences sont intervenues le jour o ? l’Inde comm ?morait la naissance du p ?re de l’ind ?pendance et ap ?tre de la non-violence, le Mahatma Gandhi.

D ?PLOIEMENT DE SOLDATS

Les troubles ont d ?marr ? samedi matin quand trois explosions quasi-simultan ?es et de forte puissance ont secou ? la gare et deux march ?s de Dimapur, carrefour commercial de l’Etat du Nagaland, faisant 28 morts. Il s’agit du "pire attentat terroriste" survenu dans l’Etat, a estim ? le chef du gouvernement local Neibhiu Rio.

"Nous sommes en ?tat de choc... La seule fa ?on de gu ?rir nos blessures est d’offrir nos pri ?res", lan ?ait G. Ginam, membre du conseil de l’Eglise baptiste du Negaland, tandis que des services fun ?raires ?taient organis ?s dans les ?glises de l’Etat ? majorit ? chr ?tienne.

Les autorit ?s du Nagaland ont imput ? ces attentats aux rebelles s ?paratistes qui chercheraient ainsi ? interrompre le processus de paix en cours dans cet Etat agricole de deux millions d’habitants. Un cessez-le-feu y avait ?t ? conclu avec le principal groupe s ?paratiste local, le Conseil national socialiste du Nagaland (NSCN), en 1997. Il visait ? mettre fin ? une r ?bellion qui d ?chire la r ?gion depuis pr ?s de soixante ans. Le NSCN a d ?menti toute implication.

Dans l’Etat voisin d’Assam, la police a imput ? les violences au Front uni de lib ?ration d’Asom (ULFA) et NDFB, deux de la trentaine de groupes rebelles qui luttent pour une plus grande autonomie ou l’ind ?pendance de la r ?gion. Dans un communiqu ? diffus ? dimanche, le NDFB a revendiqu ? la responsabilit ? des fusillades survenues ? Assam, disant qu’elles ?taient "la preuve de notre force".

Le ministre indien de l’int ?rieur Shivraj Patil qui s’est rendu, dimanche, pour une commission d’enqu ?te, dans les Etats de l’Assam et du Nagaland, a confirm ? que des soldats suppl ?mentaires allaient ?tre d ?ploy ?s pour ramener la paix dans la r ?gion.

60 ANS DE R ?BELLION, 50 000 MORTS

Des responsables locaux ont en outre accus ? les Etats voisins du Bangladesh et du Myanmar d’abriter les membres de la gu ?rilla. "Les origines (de la r ?bellion) sont au Bangladesh et au Myanmar. Ces deux souches doivent ?tre d ?racin ?es sinon ce probl ?me ne sera jamais r ?solu", a d ?clar ? le ministre en chef d’Assam, Tarun Gogoi. Le Bangladesh a rejet ? par le pass ? ces all ?gations qui ont alt ?r ? les relations diplomatiques entre Dacca et New Delhi.

Dans les villes recul ?es de Sonari et Baska, pr ?s de la fronti ?re avec le Bhoutan, deux autres bombes ont bless ? dimanche une vingtaine de personnes.

La r ?gion montagneuse du nord-est, situ ?e entre le Bangladesh ? l’ouest, Myanmar ? l’est et la Chine et le Bhoutan au nord, abrite des dizaines de mouvements rebelles qui combattent pour plus d’autonomie ou pour une ind ?pendance compl ?te. Ils reprochent aux autorit ?s indiennes de piller les ressources de la r ?gion et de n ?gliger l’ ?conomie locale.

Des sp ?cialistes en mati ?re de s ?curit ? estiment que les gouvernements f ?d ?raux successifs ont largement ignor ? cette r ?gion du nord-est, se concentrant quasi exclusivement sur les probl ?mes ?lectoraux du Cachemire.

Plus de 50 000 personnes ont ?t ? tu ?es dans le nord-est de l’Inde depuis la d ?clenchement de la r ?bellion, il y a pr ?s de soixante ans.

Avec AFP et Reuters

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