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Les communistes indiens annoncent un soutien sans participation ? un gouvernement de Sonia Gandhi

Fran?oise Chipaux

Monday 17 May 2004, by CHIPAUX*Fran?oise

New Delhi de notre correspondante en Asie du Sud

Indispensables ? la coalition gouvernementale que devrait conduire la pr?sidente du parti du Congr?s, Sonia Gandhi, les communistes indiens ont d?cid?, lundi 17 mai, de ne pas participer au gouvernement, tout en le soutenant au Parlement. Avec un total de 63 si?ges parlementaires aux r?centes ?lections, soit leur meilleur score en cinquante-sept ans d’ind?pendance de l’Union indienne, le degr? du soutien ext?rieur apport? au gouvernement par les communistes sera d?cisif.

Lundi, la crainte de l’influence des communistes sur la poursuite des r?formes ?conomiques a fait de nouveau plonger la Bourse de Bombay de 15 %. Les cotations de la premi?re place financi?re du pays ont d? ?tre arr?t?es pendant deux heures. Donn? comme le futur ministre des finances, Manmohan Singh a cependant averti que "des s?v?res mesures seraient prises contre ceux qui manipulent les march?s". Il a r?affirm? que son parti du Congr?s poursuivrait les r?formes et que la panique qui s’est empar?e du march? n’avait pas lieu d’?tre.

Ce n’est pas la premi?re fois que les communistes indiens refusent de participer ? la conduite des affaires au niveau f?d?ral. D?j? en 1996, le Comit? central du Parti communiste indien - Marxiste (PCI-M) avait refus? le fauteuil de premier ministre d’un gouvernement de coalition alors offert au ministre en chef du Bengale Occidental, Jyoti Basu, membre du bureau politique du parti. Ce refus est qualifi? de "gaffe historique" par M. Basu. Depuis 1964, le mouvement communiste indien s’est divis?, apr?s la guerre entre la Chine et l’Inde, en deux formations : le PCI-M et le Parti communiste indien (PCI) sur la question de savoir qui avait attaqu?, la Chine ou l’Inde. Le PCI a r?alis? lui aussi un bon score lors du dernier scrutin.

"ID?OLOGIQUEMENT IMPURE"

Les communistes indiens qui sont bien implant?s dans les Etats du Kerala (sud), du Bengale occidental et du Tripura (nord-ouest) y sont en concurrence impitoyable avec le Congr?s. Les responsables locaux craignent qu’en participant au gouvernement, ils brouillent l’esprit des ?lecteurs. Les formations communistes ne sont pas toujours hostiles aux coalitions ; ils ont gouvern? avec d’autres partis, par exemple au Kerala et Bengale occidental, mais ils ?taient alors le partenaire dominant, ce qui ne serait pas le cas ? Delhi o? le Congr?s sera chef de file.

Plus g?n?ralement, comme le souligne l’?ditorialiste du quotidien Hindustan Times, "la gauche en Inde a une crainte pathologique de devenir id?ologiquement impure". Des dirigeants communistes pr?ts ? soutenir le Congr?s dans le but de faire pr?valoir "un gouvernement la?c" ne sont pas dispos?s ? participer ? l’?laboration d’un programme minimum commun, tant la crainte des compromis n?cessaires sur le plan ?conomique leur fait peur. Cette contradiction est d’autant plus ?trange que, l? o? ils sont au pouvoir comme ? Calcutta (Bengale occidental), les communistes ne craignent pas de prendre des mesures socialement impopulaires pour assurer la croissance et le d?veloppement.

Mais "la rh?torique du PCI et du PCI-M est encore celle des communistes europ?ens du d?but du si?cle, affirme Sanjaya Basu, dans The Indian Express Sanjaya Basu. En pratique, les gouvernements de gauche au Kerala ou au Bengale gouvernent comme des sociaux-d?mocrates europ?ens avec une priorit? sur le social et le d?veloppement". Avant d’ajouter : "Cette contradiction entre la rh?torique de communisme et la pratique de la social-d?mocratie rend perplexes beaucoup d’Indiens sur les communistes indiens du 21e si?cle".

L’h?sitation des communistes n’est pas le seul probl?me auquel est confront?e Sonia Gandhi. Malgr? le soutien unanime apport? dimanche soir par dix-neuf alli?s du Congr?s ? sa candidature au poste de premier ministre, certains dirigeants du Parti du peuple indien (BJP, nationalistes hindous) veulent lancer une campagne nationale pour d?noncer la pr?sence "d’une ?trang?re" comme chef de gouvernement. Les deux femmes les plus en vue du BJP - le ministre en chef de l’Etat du Madhya-Pradesh, Uma Bharti, et l’ancien ministre des affaires parlementaires, Sushma Swaraj - ont donn? le ton, d?s dimanche. "Cela a ?t? le combat de ma vie de tenir Gandhi ? l’?cart du poste de premier ministre", a affirm? Mme Bharti sur une cha?ne de t?l?vision priv?e. De son c?t?, Sushma Swaraj a d?clar? qu’elle d?missionnerait de son si?ge parlementaire (au S?nat) si Mme Gandhi devenait chef du gouvernement. "Je ne veux pas participer ? cette honte nationale", a-t-elle dit.

Inform? lundi par la Commission ?lectorale des r?sultats officiels des ?lections, le pr?sident A.P.G. Abdul Kalam pourrait inviter aussit?t Mme Gandhi, chef du groupe parlementaire du Congr?s, ? former un gouvernement.

P.S.

Article paru dans Le Monde, ?dition en ligne du lundi 17 mai 2004.

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