Debating India
Home page > Public directory > External Affairs > Le Pakistan et l’Inde ne veulent pas la guerre, mais.

Inde-Pakistan

Le Pakistan et l’Inde ne veulent pas la guerre, mais.

Georges ABOU

Tuesday 28 May 2002, by ABOU*Georges

La situation entre les deux pays ne cessent de se d?grader, et ni les actes ni les d?clarations ne laissent entrevoir, pour le moment, une issue favorable au conflit. Face ? la mont?e du p?ril nucl?aire, les diplomates appellent ? la raison.

On peut toujours tenter de jouer avec le vocabulaire ou trouver des formules diplomatiques pour qualifier la situation : les faits sont t?tus et leur simple examen aboutit ? constater que l’Inde et le Pakistan sont d?j? en guerre. Certes il ne s’agit pas d’une ?guerre totale? mobilisant l’ensemble des forces combattantes de part et d’autre et des moyens dont les bellig?rants disposent. Mais ce ne sont ni des miliciens, ni des gu?rilleros, mais des centaines de milliers de soldats des deux arm?es qui sont d?sormais d?ploy?s aux fronti?res o? les incidents se sont transform?s en v?ritables duels quotidiens d’artillerie qui ont d?j? fait des centaines de morts, militaires et civils, le long de la ligne de cessez-le-feu au Cachemire. Tout est donc question de degr?. Et chaque jour qui passe, un nouveau palier est franchi. Ce mardi matin, Islamabad a proc?d? ? son troisi?me essai de missile sol-sol en quatre jours. De toute ?vidence, face ? la mont?e des p?rils, le Pakistan est entr? dans une phase de dissuasion active. Personne n’ignore plus les capacit?s nucl?aires des deux bellig?rants et la possibilit? qui s’offre ? eux d’armer leurs missiles de t?tes atomiques. Ce qui est vraisemblablement d?j? fait, ? toutes fins utiles. Et ce ne sont pas les discours en circulation, dans l’une ou l’autre capitale, qui seront de nature ? apaiser ce climat fortement d?grad?. Lundi, dans un discours ? la Nation, le pr?sident pakistanais Pervez Musharraf a assur? ses compatriotes que leur pays ne voulait pas la guerre mais qu’il ?tait pr?t ? y faire face de toutes ses forces s’il ?tait attaqu?, r?affirmant par ailleurs ? l’adresse de la communaut? internationale qu’il n’y avait pas d’infiltrations d’activistes arm?s vers les zones contr?l?es par New Dehli, et l’invitant ? examiner les ? atrocit?s commises en Inde par les extr?mistes hindous contre les musulmans?.

Surench?re verbale, diplomatie impuissante.

C’est un ?discours dangereux?, d?clarait ce matin le chef de la diplomatie indienne ?parce qu’avec cette attitude belliciste, la tension a mont?, au lieu de baisser?. Toutefois, Jaswant Singh a pr?cis? qu’en l’?tat actuel la question de la rupture des relations diplomatiques ne se posait pas, que son pays s’en tiendrait ? sa politique consistant ? ne pas utiliser en premier les armes nucl?aires, mais qu’il r?pondrait avec ?toute sa puissance? en cas d’attaque. Sur le papier, l’Inde dispose d’une nette sup?riorit?. Du point de vue militaire, tout d’abord, avec une population de plus d’un milliard d’habitants, New Dehli peut aligner une r?serve in?puisable d’hommes et dispose d’un arsenal conventionnel et atomique plus important que son adversaire. Les Indiens ont ?galement d’autres atouts capitaux tels que la profondeur strat?gique de leur territoire. Leur syst?me politique n’est pas menac? de d?stabilisation et leur ?conomie est solide. Autant de qualit?s qui comptent dans un conflit et dont le Pakistan ne dispose pas. La carte de la dissuasion nucl?aire jou?e par Islamabad pourrait n’?tre en d?finitive qu’un aveu de faiblesse, faute de mieux. En effet, sauf ? d?clencher une apocalypse nucl?aire r?gionale, non seulement le Pakistan n’est pas ? la hauteur du d?fi sur le plan mat?riel, mais en plus le r?gime du g?n?ral Musharraf souffre d’un d?ficit de l?gitimit? d?mocratique qui le fragilise, tant ? l’ext?rieur qu’? l’int?rieur, et notamment depuis son virage ? 180 degr?s l’ann?e derni?re lorsqu’il s’est engag? aux c?t?s des Am?ricains. Hier le chef de l’Etat pakistanais a ?galement r?v?l? tout cela en creux, en promettant ? son peuple d’organiser des l?gislatives au mois d’octobre, conform?ment aux voux ?mis par la Cour supr?me pakistanaise, apr?s le coup d’Etat qui l’a port? au pouvoir, en 1999.

Le spectre de la menace d’une vitrification nucl?aire de la r?gion provoque une tr?s vive inqui?tude au sein d’une communaut? internationale qui ?voque d?sormais cette hypoth?se sans retenue. Les initiatives se multiplient. Le chef de la diplomatie britannique est sur place. A Rome, o? se tient le tout premier Conseil Otan-Russie, les participants ont appel? les deux capitales ? la retenue. Lundi, sur la foi d’informations publi?es par des responsable du Pentagone, le New York Times estimait qu’une guerre nucl?aire pourrait faire 12 millions de morts.

See online : RFI

P.S.

Pic : Le pr?sident pakistanais Pervez Musharraf se d?clare pr?t ? toutes ?ventualit?s. ?AFP

Article RFI, publi? le 28 mai 2002.

SPIP | template | | Site Map | Follow-up of the site's activity RSS 2.0