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Au Sri Lanka, crise politique et paix en suspens

Un Etat ??de facto?? pour les Tigres tamouls

C?dric Gouverneur

Friday 20 February 2004, by GOUVERNEUR*C?dric

?

Au Sri Lanka, la difficile cohabitation de la pr?sidente Chandrika Kumaratunga avec le gouvernement, qu’elle accuse de faire trop de concessions aux rebelles tamouls, a rebondi le 14 janvier apr?s la d?cision unilat?rale de Mme?Kumaratunga de prolonger son mandat d’un an. Ce chaos politique g?le le processus de paix avec une gu?rilla qui, si elle a renonc? ? un Etat s?par?, inqui?te par son autoritarisme.

Le 27?novembre 2003, comme tous les ans, Batticaloa, ville tamoule situ?e sur la c?te est du Sri Lanka, c?l?bre le ??jour des h?ros???: la m?moire des 17?000 gu?rilleros des Tigres de lib?ration de l’Eelam?(1) tamoul (LTTE) tu?s en vingt ans de combats. Mais, cette ann?e, la comm?moration a un caract?re quasi officiel?: l?galis?s, les s?paratistes ont couvert la ville de drapeaux des LTTE et dress? un chapiteau exposant les photos des milliers de ??martyrs?? de la r?gion. L’arm?e sri-lankaise patrouille donc au milieu d’un d?corum ? la gloire de ses ennemis. Aucune tension?: de jeunes soldats, sans armes, font m?me leur march?. Processus de paix oblige, chacun semble tout faire pour que cette journ?e se d?roule sans incidents.

Depuis 1983, les Tamouls hindouistes du Nord-Est -?18?% de la population?- sont en guerre contre l’Etat central, domin? par les Cinghalais bouddhistes?(2). Choy?s par le colonisateur britannique au nom du principe ??diviser pour r?gner??, les Tamouls se sont retrouv?s, lors de l’ind?pendance, en 1948, dans la position inconfortable d’une minorit? ayant profit? d’une occupation ?trang?re. Dans les ann?es?1950 et?1960, les gouvernements cinghalais ont multipli? envers eux les politiques discriminatoires, notamment linguistiques.

Leurs revendications f?d?ralistes restant sans r?ponse, les Tamouls basculent dans le s?paratisme. En 1975, le maire de Jaffna est abattu par un militant de 20 ans, Velupillai Prabhakaran, fondateur des LTTE. Les groupes arm?s tamouls s’entra?nent en Inde?; New Delhi entend faire payer ? Colombo son pro-am?ricanisme. Le conflit prend toute son ampleur en juillet?1983?: en r?action ? une embuscade des LTTE, les extr?mistes cinghalais se livrent ? des pogroms. Des milliers de Tamouls prennent le maquis. Les massacres de civils se multiplient de part et d’autre, tandis que, au sein du camp tamoul, les LTTE d?ciment leurs rivaux.

Le conflit s’internationalise en 1987. Le gouvernement indien de Rajiv Gandhi multiplie les tentatives de m?diation. Mais, pour donner toute latitude ? la r?pression au sud d’une insurrection de l’extr?me gauche cinghalaise?(3), Colombo autorise le d?ploiement dans le Nord-Est d’un corps exp?ditionnaire indien, la Force indienne de maintien de la paix (IPKF). Contrairement aux autres groupes tamouls, le LTTE refuse de remettre ses armes aux Indiens et combat ses anciens mentors -?Rajiv Gandhi sera tu? ? Madras par les LTTE le 21?mai 1991. Harcel?e, l’IPKF s’est retir?e en 1990. Depuis lors, la guerre de maquis entre les LTTE et l’arm?e a fait 60?000 morts et 11?000 disparus?; les rares tentatives de dialogue ont ?chou?.

En ce ??jour des h?ros??, Batticaloa se vide?: les Tamouls se rassemblent vers l’arri?re-pays contr?l? par la gu?rilla. Un flot de v?hicules franchit un dernier check-point, puis s’entasse en un vaste embouteillage entre les champs de mines. ??Avant le cessez-le-feu, il ?tait impossible de venir ici honorer nos morts??, notent les Tamouls. Au bout de la piste appara?t le gigantesque cimeti?re de Theravai?: entour?es d’un ?tang artificiel, des milliers de tombes dispos?es en ?toile, avec au centre des statues de gu?rilleros. Chaque st?le porte le nom et la date de d?c?s du combattant, mais aucune date de naissance. Ce qui n’est gu?re surprenant, vu le recours massif des LTTE aux enfants-soldats.

Des dizaines de milliers de personnes se pressent entre les tombes. Ici, une m?re ou une veuve hurle son chagrin. L?, arm?s de fusils d’assaut, des tigres, hommes et femmes, canalisent la foule compacte, et parfois vole un coup de crosse. Au cr?puscule, une torche est allum?e sur chaque tombe, ?clairant l’ensemble. L’effet, saisissant, rappelle les communions martiales des Etats totalitaires.

Quand ils ?voquent les LTTE, beaucoup de Tamouls disent ??notre arm?e??, ou ??notre gouvernement??. Et quand on les interpelle sur les m?thodes du mouvement -?les enfants-soldats, les massacres de civils,?etc.?- la m?me r?ponse fuse, parfois accompagn?e d’un soupir d?notant une prise de distance silencieuse?: ??Sans les LTTE, l’arm?e et les Cinghalais nous auraient tous massacr?s.?? Face aux discriminations et aux tueries, les tigres sont devenus pour les Tamouls une sorte de L?viathan?(4)?: une force dictatoriale ? laquelle ils ont confi? leur s?curit? collective et leur ?mancipation en tant que peuple, mais en abdiquant leur libert? individuelle. ??Les tigres peuvent compter sur un tr?s large soutien, observe un membre occidental d’une organisation humanitaire. Leur emprise sur la vie sociale est consid?rable?: au moindre probl?me, les gens font appel ? eux. Ils sont omnipr?sents et omnipotents, l?vent des imp?ts, r?quisitionnent des v?hicules et de la main-d’?uvre. Evidemment, refuser ne viendrait ? l’id?e de personne.??

Les Tamouls expriment de la reconnaissance envers les tigres?: ??Gr?ce ? eux, nous aurons notre Eelam??, entend-on souvent. Depuis f?vrier?2002, les LTTE et Colombo respectent un cessez-le-feu ?maill? de rares accrocs. ??Le processus est solide, confirme un diplomate europ?en. Personne ne songe ? l’emporter militairement, la population est lass?e de la guerre, l’ancien jusqu’au-boutiste Prabhakaran a troqu? l’ind?pendance pour le f?d?ralisme, et la communaut? internationale est au chevet du pays.?? En mai?2003, ? Tokyo, les donateurs internationaux ont conditionn? une aide de 4,5?milliards de dollars ? une sortie n?goci?e du conflit. Pilot?e par la Norv?ge, une mission scandinave de surveillance du cessez-le-feu, la Sri Lanka Monitoring Mission (SLMM), quadrille le pays. ??Chaque camp veut que le cessez-le-feu fonctionne, observe M.?Magnus Karlsson, chef su?dois de la mission navale de la SLMM ? Jaffna. Mais il reste ? n?gocier un accord d?finitif. Pour l’instant, les bellig?rants ont juste ?t? le doigt de la d?tente.??

L’impasse militaire dans laquelle stagnait le conflit explique le cessez-le-feu?: ??Nous sommes le mouvement de r?sistance nationale le plus puissant au monde??, nous dit, non sans fiert?, M.?Mahendram Balasingham, un des chefs de la gu?rilla. Depuis l’humiliation inflig?e ? l’Inde et ses victoires contre l’arm?e de Colombo, les LTTE sont r?put?s invincibles. Ils s’appuient sur un r?seau international efficace, aliment? par la taxation de la diaspora et par divers trafics?(5). Invit? ? mourir plut?t qu’? se rendre, chaque tigre porte en collier une capsule de cyanure.

Impitoyable, les LTTE recourent largement ? l’attentat-suicide, depuis la kamikaze qui a tu? Rajiv Gandhi, en 1991, jusqu’? l’attaque de l’a?roport de Colombo, en 2001. Entre novembre?1999 et avril?2000, leurs contre-offensives victorieuses ont d?concert? les experts. ??Il est alors devenu clair que Colombo ne pourrait jamais vaincre militairement les LTTE??, ?crit un politologue sri-lankais?(6). ??Les officiers nous affirment pouvoir battre les tigres, nuance M.?Karlsson, mais cette victoire se traduirait par des attentats sans fin et une instabilit? chronique. Ils ont conscience qu’une solution p?renne passe par la n?gociation.??

Le 4?novembre 2003, la pr?sidente Chandrika Kumaratunga (Alliance du peuple [PA], gauche nationaliste) haussait le ton contre le gouvernement de cohabitation du premier ministre Ranil Wickremesinghe (Front national uni [UNF], droite lib?rale), accus? de trop conc?der aux tigres?: la pr?sidente a d?mis de leurs fonctions trois ministres (d?fense, int?rieur et information), d?cr?t? l’?tat d’urgence (mesure qui, au final, n’a pas ?t? appliqu?e) et suspendu pour deux semaines le Parlement.

R??lue en 2000, Mme?Kumaratunga doit composer avec l’UNF, coalition qui a remport? 114 si?ges sur 225 aux l?gislatives de d?cembre?2001 en promettant la paix. Elle-m?me avait tent? de n?gocier avec les tigres, en 1994-1995, sans succ?s. Son coup de force est un refus net des ??propositions de paix?? pr?sent?es le 1er?novembre par les LTTE?: malgr? la conversion affich?e des tigres ? une solution f?d?rale, l’Autorit? int?rimaire d’auto-gouvernement (ISGA), structure qu’ils proposent pour administrer leur Eelam, se pose en Etat ind?pendant o? Colombo n’aurait aucun contr?le?; cela est inacceptable pour la majorit? des Cinghalais, perplexes devant ce qui est souvent v?cu comme une reddition face au ??terrorisme??.

Deux tiers des Cinghalais sont oppos?s ? l’actuel processus de paix, soutenu en revanche par 90?% des Tamouls?(7). ??Beaucoup de Cinghalais sont amers, observe M.?Kethesh Logonathan, directeur de recherche au Centre pour les alternatives politiques (CPA), un observatoire de science politique de Colombo. Ils estiment que le gouvernement tente d’apaiser les LTTE en leur livrant un tiers du pays sans contrepartie. Ils craignent une partition de l’?le et jugent partiale la communaut? internationale.?? Ainsi, la visite du repr?sentant de l’Union europ?enne Chris Patten ? M.?Prabhakaran, le 26?novembre, jour de l’anniversaire de l’impitoyable chef gu?rillero, a choqu? ? Colombo.

Les Cinghalais per?oivent leur ?le comme le berceau du bouddhisme theravada?; ils se sentent d?positaires d’un h?ritage culturel, selon eux menac? d’absorption par le monde indien auquel ils lient les Tamouls hindouistes?(8). ??Pour la plupart des Cinghalais, les Tamouls sont une minorit?, certes jouissant de droits, mais une minorit? tout de m?me, vivant aux c?t?s de la nation cinghalaise??, explique M.?Logonathan. Les discriminations pass?es envers les Tamouls sont souvent appr?hend?es par les Cinghalais comme un ??r??quilibrage?? en faveur de la majorit?, face ? une minorit? qu’avait privil?gi?e le colonisateur, et non comme une politique raciste.

Par sa reprise en main, Mme?Kumaratunga a impos? le courant d’opinion nationaliste dans le d?bat. Au vu des enjeux pour l’avenir du pays, ??il ?tait inconcevable que la moiti? de la classe politique reste exclue des n?gociations??, estime M.?Karlsson. Les Cinghalais doivent d?finir une position raffermie pour faire front ? la gourmandise des tigres. Reste que le processus est gripp??: les n?gociations entre les deux t?tes de l’ex?cutif pi?tinent, alors qu’une majorit? des deux tiers est indispensable au Parlement pour modifier la Constitution, un pr?alable ? tout accord de paix.

Pis, la pr?sidente menace de provoquer des ?lections anticip?es - un d?sastre pour le processus en l’?tat actuel de l’opinion cinghalaise. Cherchant ? tout prix la stabilisation du strat?gique Sri Lanka, ?le bouddhiste dans un oc?an Indien per?u comme un lac musulman, les Etats-Unis font pression pour une reprise des pourparlers. Inquiets, les tigres montrent les crocs?: ??Du fait de la confusion ? Colombo, nous ne savons plus avec qui discuter??, nous d?clare S.?P. Tamilselvan. Chef de l’aile politique des LTTE et num?ro deux officieux du mouvement, ce trentenaire mutil? au combat se fait mena?ant?: ??Nous sommes pour la paix, mais si la guerre est impos?e aux Tamouls, le devoir des LTTE est de les d?fendre...??

Au sein d’un Sri Lanka f?d?ral, les tigres devraient accepter la tutelle de Colombo. Concession d’autant plus difficile qu’un Etat ??tigre?? de facto ind?pendant existe d?j? au nord du pays. Apr?s Vavuniya, pass? un dernier poste militaire, le voyageur entre en zone LTTE. A un vaste check-point, baptis? ??centre de douane de l’Eelam tamoul??, les gu?rilleros taxent les marchandises venues du Sud. Plus loin se dresse Kilinochchi. Ce bourg ravag? par les combats est la capitale des tigres, avec leur administration et leur police. Des agents en uniforme verbalisent les exc?s de vitesse, en PV payables ? la poste pour ?viter toute corruption.

Chef de la police des LTTE, M.?Mahendram Balasingham se montre enthousiaste?: ??Notre police est int?gre et applique son propre code p?nal.?? L’officier en treillis tigr? ajoute?: ??Nous sommes un Etat en expansion. La destruction des structures ?tatiques ennemies a permis l’extension de nos propres structures.?? ??Quand nous avons chass? l’arm?e, raconte S.?P. Tamilselvan, nous avons d? ?tablir une administration pour r?pondre aux besoins des populations.?? Le parti unique contr?le celles-ci sans rendre de comptes ? Colombo.

Tout au nord de l’?le se dresse Jaffna, et sa p?ninsule. L’ancienne cit? prosp?re des Tamouls, aujourd’hui sous contr?le des gouvernementaux, a ?t? bombard?e par l’arm?e et par les Indiens. Elle est d?sormais un champ de ruines et de mines. Quadrill? par 30?000 militaires, un tiers de la p?ninsule est class? ??zone de haute s?curit?. Coup?e du monde pendant des ann?es, Jaffna revient peu ? peu ? la vie?: 170?000 r?fugi?s sont d?j? rentr?s?(9) -?parfois pour trouver leur maison r?quisitionn?e par l’arm?e. Apr?s des ann?es de privations, l’?lectricit? est de retour et les magasins se remplissent.

Signe que les temps changent, des touristes cinghalais viennent en week-end. La population consid?re l’arm?e, ??les Cinghalais??, comme une force d’occupation ?trang?re - m?me si elle note une am?lioration de leur comportement depuis le cessez-le-feu - et attend son d?part. Toutefois, malgr? cette pr?sence militaire, les LTTE ont la haute main sur la vie quotidienne, percevant des imp?ts directs et indirects. L’administration ?tatique est adoub?e par les tigres?: certains fonctionnaires veillent m?me ? ce que les taxes aient bien ?t? pay?es ? la gu?rilla?!

Qu’il soit total comme ? Kilinochchi, ou partiel comme ? Jaffna, le pouvoir des tigres est exp?ditif. Human Rights Watch et Amnesty International, deux organisations de d?fense des droits humains, accusent les LTTE de profiter du cessez-le-feu pour tuer leurs opposants?; elles d?noncent l’inaction toute diplomatique des forces de l’ordre et de la SLMM, soucieuses, semble-t-il, de ne pas froisser la gu?rilla?(10). De cinq ? douze meurtres politiques ont lieu chaque mois dans le Nord-Est.

A Jaffna, V.?K. Jakan, responsable du Parti d?mocratique du peuple de l’Eelam (EPDP), nous re?oit dans un bunker. ??Depuis le cessez-le-feu, cinq de nos cadres ont ?t? tu?s et vingt autres ont disparu??, comptabilise l’ex-d?put?. Certes, le Parti d?mocratique du peuple lui-m?me n’a pas les mains blanches. Mais l’attitude des LTTE ? son ?gard augure mal de l’avenir de la libert? d’expression. D’autres partis, comme le Front de lib?ration uni tamoul (TULF) et l’Organisation de lib?ration de l’Eelam tamoul (TELO), ont fait all?geance aux tigres, reconnaissant en eux ??les seuls repr?sentants des Tamouls??. Plus par peur que par conviction?: ??Il n’y a pas d’alternative pour le peuple tamoul, explique sous couvert d’anonymat un responsable du TELO, justifiant ce ralliement. Les tigres ont massacr? les combattants du TELO en 1986. Et si je dis un mot contre eux en public, je suis mort.??

Les troubles les plus s?rieux ont lieu dans l’Est, ? Batticaloa et Trincomalee. Dans cette r?gion revendiqu?e par les LTTE, les musulmans (7?% des Sri-Lankais) constituent par endroits la majorit? de la population. De langue tamoule mais se consid?rant d’abord comme musulmane, cette minorit? influente, souvent compos?e de commer?ants, parfois d’usuriers, est relativement ais?e. Les Tamouls proches des LTTE l’accusent d’??avoir profit? de la guerre et d’informer l’arm?e??. R?guli?rement, des musulmans sont assassin?s. Ainsi, ? la fin de novembre?2003, ? Kinniya, dans la baie de Trincomalee, les corps mutil?s de trois paysans ont ?t? retrouv?s pr?s d’un camp des LTTE.

Terrifi?es, des centaines de familles ont fui les lieux, tandis que l’arm?e instaurait un couvre-feu. Chasser la population musulmane de la convoit?e Trincomalee, un des meilleurs ports naturels d’Asie, est ? l’?vidence le but des tueurs. A Kattan Kudy, pr?s de Batticaloa, les cheikhs nous re?oivent non loin d’une mosqu?e o?, en 1990, les tigres ont massacr? 103 musulmans en pri?re?: ??Nous pouvons difficilement croire les LTTE quand ils affirment qu’ils respecteront nos droits. Vivre sous leur f?rule nous est impensable??, d?clare un de leurs porte-parole sous couvert d’anonymat.

Via son parti, le Congr?s des musulmans du Sri Lanka (SLMC), membre de la coalition gouvernementale, cette minorit? exige sa place dans les n?gociations. ??Nous demandons une entit? politique s?par?e au sein d’un syst?me d?centralis?, comme cela existe ? Pondich?ry.?? Et de conclure?: ??L’avenir de ce pays est dans le f?d?ralisme, pas dans la purification ethnique.??

Le Sri Lanka esquisse les premiers pas d’un long chemin de recherche de la paix. S’il parvient ? son terme, les LTTE gouverneront un Eelam qu’ils contr?lent de facto. Le mouvement de gu?rilla tra?ne un lourd passif de violations des droits humains, passif que la communaut? internationale est pr?te ? ?ponger pourvu qu’une relative stabilit? permette d’investir dans un pays au potentiel convoit?. N?anmoins, nombre d’observateurs parient sur une ?volution ? moyen terme des LTTE, de par l’influence combin?e de la diaspora tamoule - que vingt ans d’exil ont habitu?e ? la d?mocratie occidentale - et de dirigeants pragmatiques, de plus en plus politiques et de moins en moins gu?rilleros.

P.S.

(1) Pays.

(2) Il est ? noter qu’une minorit? de Cinghalais comme de Tamouls sont chr?tiens, et que les catholiques sont nombreux chez les LTTE. Sur l’histoire du conflit, lire Eric Meyer, Sri Lanka entre particularisme et mondialisation, La Documentation fran?aise, Paris, 2001.

(3) L’insurrection du Front de lib?ration du peuple (JVP) et sa r?pression ont sans doute fait 30?000 morts entre?1987 et?1989.

(4) Le philosophe ?cossais Thomas Hobbes (1588-1679) d?finit le L?viathan comme un Etat fort auquel les hommes abandonnent leur libert? pour assurer leur s?curit?.

(5) Les LTTE disposent m?me d’une flotte de cargos. Lire Peter Chalk, [LTTE, International Organization and Operations, Commentary n??77, analyse pour les services de s?curit? canadiens, mars?2000.

(6) Narayan Swamy, Tigers of Lanka, Vijitha Yapa Publications, Colombo, 2003 (?dition mise ? jour).

(7) Enqu?te d’opinion publi?e en d?cembre?2003 par le Centre pour les alternatives politiques, Colombo.

(8) Sur le nationalisme cinghalais, lire Eric Meyer, op. cit.

(9) Selon le Haut-Commissariat aux r?fugi?s, sur 800?000?r?fugi?s internes, 300?000 sont rentr?s chez eux depuis le cessez-le-feu. La p?ninsule de Jaffna compte 600?000 habitants, mais sa population devrait ?tre de 900?000 personnes.

(10) Communiqu? de presse de Human Rights Watch et Amnesty International, 7?ao?t 2003.

Article paru dans Le Monde Diplomatique, f?vrier 2004, pages 20 et 21.

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