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EGYPTE

La distribution, relique coloniale

Alexis MASCIARELLI

Saturday 28 February 2004, by MASCIARELLI*Alexis

Les pays travers?s par le Nil sont soumis ? des utilisations tr?s restreintes dict?es par un trait? vieux de 75 ans.

Nairobi de notre correspondant

?Nous voulons nos eaux ! Le trait? du Nil est fini !? Plusieurs centaines de manifestants ont r?clam?, au d?but du mois dans les rues de Nairobi, la capitale k?nyane, un acc?s sans restriction au lac Victoria. La plus vaste superficie d’eau douce d’Afrique marque la fronti?re occidentale du pays sur plusieurs centaines de kilom?tres, mais seuls les p?cheurs et les baigneurs en profitent pleinement, en raison d’un trait? colonial restrictif vieux de soixante-quinze ans. Avant de traverser for?ts, d?serts.. c’est l? que le Nil Blanc prend sa source.

Britanniques. ?Vous vous rendez compte que des fermiers qui exploitent des terres au bord du lac ne peuvent m?me pas en pomper l’eau pour irriguer leurs cultures !? s’exclame Ezra Kiprop, porte-parole de l’association Bunge La Wananchi (le Parlement du peuple, en swahili), en campagne pour la r?vision du trait? des eaux du Nil. ?Ce texte n’est qu’un accord entre certains Britanniques et d’autres du temps des colonies, pourquoi devrait-on continuer ? le respecter ? Les Egyptiens feraient bien de trouver d’autres moyens de subsistance. Parce que, t?t ou tard, on va utiliser les eaux du Nil au maximum. On a de gigantesques r?gions arides. On veut que le gouvernement pompe cette eau et la distribue ? travers tout le pays. Qu’on puisse l’utiliser dans les maisons, pour l’agriculture, pour l’industrie.?

La d?nonciation de l’accord comme ?relique? coloniale est reprise par la plupart des gouvernements des pays riverains du Nil, ind?pendants depuis un demi-si?cle. ?Comment pouvez-vous respecter un trait? adopt? par un pouvoir colonial contre vos int?r?ts ? demande le ministre tanzanien de l’Eau, Edward Lowasa, dont le pays borde ?galement le lac Victoria. Comment pouvez-vous expliquer ? des gens vivant sur les rives du lac, totalement d?munis, qu’ils ne peuvent pas en utiliser l’eau ?? La Tanzanie et le Kenya subissent r?guli?rement des p?riodes de s?cheresse due au manque de pluie, mais aussi ? la d?forestation et l’?rosion. Et les deux pays affirment avoir besoin des eaux de ce r?servoir pour des programmes d’irrigation et de barrages hydro?lectriques.

Conflits arm?s. Les querelles de l’Egypte avec les pays du Sud baign?s par le Nil ne datent pas d’hier. Au XVIIIe si?cle, des conflits arm?s l’avaient oppos?e ? l’Ethiopie pour le contr?le du Nil Bleu (qui repr?sente 85 % des eaux du Nil arrivant en mer M?diterran?e). ?Les guerres du futur seront des guerres pour l’eau, estime Halifa Drammeh, directeur adjoint de la division l?gale du Programme pour l’environnement de l’ONU. L’acc?s ? l’eau va devenir une question essentielle de l’agenda politique international.?

See online : http://www.liberation.fr/imprimer.p...

P.S.

Article paru dans Lib?ration, ?dition du samedi 28 f?vrier 2004.

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