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INDE ET PAKISTAN FACE ? FACE

Le Cachemire ? l’heure afghane

Roland-Pierre Paringaux

Sunday 29 June 2003, by PARINGAUX*Roland-Pierre

Article paru dans le Monde Diplomatique, janvier 2002.

Avant m?me l’attentat-suicide contre le Parlement indien, attribu? ? des ? groupes terroristes ?, qui a fait douze morts le 13 d?cembre ? New Delhi, la crise afghane avait attir? l’attention sur cet autre conflit r?gional, quelque peu oubli?, qui met aux prises l’Inde et le Pakistan par combattants musulmans interpos?s, celui du Cachemire. L’Inde se pose en victime d’une croisade dans laquelle le gouvernement pakistanais, ses forces arm?es et certains mouvements islamistes proches des talibans et d’Al-Qaida auraient partie li?e. Cette strat?gie contraint le gouvernement indien ? rester sur le pied de guerre et d?vaste la r?gion.

Capitale d’?t? de l’Etat du Jammu-et-Cachemire, dans le nord de l’Inde, Srinagar est une ville en ?tat de si?ge o? l’arm?e et les forces de s?curit? indiennes sont omnipr?sentes (1). D?s l’arriv?e ? l’a?roport, o? les mesures de s?curit? sont nombreuses, le ton est donn?. Dans la ville et ses environs, on ne peut faire cent m?tres sans tomber sur des militaires et des policiers. Abrit?s dans des bunkers et des postes de guet, rev?tus de gilets pare-balles, prot?g?s par des boucliers, par des barbel?s ou par l’armure de leurs engins blind?s, ils sont partout. Sa?gon et Beyrouth, aux pires moments, n’ont jamais connu pareil quadrillage. Dans le centre-ville, des ouvriers r?parent un mur de l’Assembl?e de l’Etat d?truit lors de l’attaque d’un commando-suicide qui fit, en octobre 2001, 40 morts et 80 bless?s.

Ce d?ploiement des forces se prolonge dans les nombreux villages de la Vall?e (la partie centrale du Cachemire) ainsi qu’aux abords de la ligne de contr?le (LOC), l’ancienne ligne de cessez-le-feu qui traverse le pays d’est en ouest dans une r?gion montagneuse o? l’arm?e indienne et celle du Pakistan s’affrontent p?riodiquement. Partout, on vit ? l’heure des ? groupes arm?s ? et d’une pr?sence militaire et polici?re massive, que la psychose des attentats rend parfois brutale. Au grand d?sespoir d’une population prise entre les feux crois?s de la guerre et de la mis?re. Au bord du lac Dal, entre Srinagar et les contreforts de l’Himalaya, les propri?taires de house-boats, ces bateaux-h?tels en bois sculpt?, pleurent la manne touristique envol?e. Le Cachemire a vu son tourisme chuter de 800 000 ? quelques milliers de personnes par an, dans les ann?es 1990. Faute de clients, beaucoup laissent pourrir leurs bateaux. Ici aussi, les militaires qui campent dans un d?cor spectaculaire et glac? ont remplac? les visiteurs ?trangers.

L’Inde a toujours rejet? l’enti?re responsabilit? de cette situation sur le Pakistan. Certes, les dirigeants d’Islamabad n’ont jamais accept? le rattachement du Jammu-et-Cachemire ? l’Union indienne en 1947, soutenant en permanence les forces s?cessionnistes du Cachemire et faisant de sa reconqu?te une cause sacr?e. En t?moignaient encore, en mai 1999, la planification et l’organisation par l’arm?e pakistanaise de l’invasion de la r?gion de Kargil, du c?t? indien de la ligne de cessez-le-feu (2). Mais la R?publique f?d?rale est loin d’?tre sans reproche dans cette affaire. Tout particuli?rement dans le volet int?rieur du dossier, celui qui concerne le traitement par New Delhi du Cachemire et des Cachemiris. De leur identit?, de leurs droits et de leurs aspirations l?gitimes.

Des dizaines de milliers de victimes Sur toile de fond de confrontation militaire et diplomatique (lire Un territoire ? disput? ? ) s’est mis en marche un engrenage de m?fiance et d’incompr?hension. D’entr?e de jeu, le pouvoir a soup?onn? la majorit? musulmane, en bloc, de sympathies s?cessionnistes propakistanaises. ? Il y a depuis toujours un malaise et un manque de confiance des dirigeants indiens ? l’?gard de la population musulmane du Cachemire, qui aboutit au rejet de toute critique et de toute initiative politique ?, explique Mme Mehbora Mufti, d?put?e et pr?sidente d’un parti cachemiri pro-indien. C’est ainsi que la consultation populaire pr?vue en 1948 par l’Organisation des Nations unies (ONU) est mise de c?t?. Malgr? ses tentatives, la population locale n’est pas consult?e et encore moins associ?e ? la vie politique. Le ressentiment augmente mais, pendant longtemps, Delhi en fera peu de cas.

L’ancien ministre indien des affaires ?trang?res, M. Jyotindra Nath Dixit, r?sume ainsi la situation : ? Nos dirigeants et notre establishment ont ?t? r?ticents ? admettre que les troubles au Cachemire n’?taient pas seulement dus ? des actions pakistanaises, mais ?galement ? l’ali?nation de certains secteurs de la population (...). Dans les conversations tout le monde s’accordait pour dire que le conflit ne pouvait pas ?tre r?solu uniquement par la force et qu’il ?tait n?cessaire de restaurer le processus politique, mais aucune politique n’est venue le relancer (3). ? Pendant plusieurs d?cennies, le sort des musulmans cachemiris, ?cartel?s entre l’Inde et le Pakistan, est pass? au second plan. Adeptes d’un islam soufi r?put? pour sa mod?ration, ils ont pris leur mal en patience.

Aussi, lors des ?lections de 1987, l’espoir d’une ?volution d?mocratique ? ? l’indienne ? est-il consid?rable. Face ? la formation officielle de la Conf?rence nationale, une coalition de partis (ind?pendantistes, proindiens, propakistanais et partisans d’une autonomie accrue) plac?e sous la banni?re du Front musulman unifi? semble avoir le vent en poupe. Le pouvoir craint-il alors un d?saveu, dramatique pour l’Inde ? Il a en tout cas recours ? deux mesures brutales. Il manipule les votes pour donner la victoire ? la Conf?rence nationale, puis il fait arr?ter plusieurs dirigeants du Front musulman. New Delhi utilisera les r?sultats de l’?lection pour convaincre de l’attachement des Cachemiris ? l’Inde et ?carter du m?me coup l’id?e d’une consultation plac?e sous les auspices de l’ONU. Mais par ce vote, elle s’ali?ne durablement des millions de musulmans du Cachemire qui se sentent flou?s, m?pris?s et plus que jamais priv?s de toute perspective politique. Le sentiment anti-indien s’exacerbe. Dans la communaut?, les jeunes enragent, la r?volte gronde. Le Pakistan va profiter de la situation.

? Pendant quarante ans, nous avons eu recours ? des moyens d?mocratiques et pacifiques, rappelle M. Abdul Gani Bhat, un intellectuel qui pr?side la All Party Hurriet Conference (APHC), une coalition de mouvements ind?pendantistes et s?cessionnistes propakistanais. L’Inde a r?pondu par la violence. Or la violence appelle la violence et la haine appelle la haine ; il est arriv? ce qui devait arriver. ? En 1989, Islamabad favorise l’entreprise de Cachemiris qui pr?chent la lutte arm?e en leur offrant une base arri?re.

? Nous avons ?t? forc?s de nous battre, non pas pour des raisons religieuses ou par go?t de la violence, mais pour que la voix du peuple soit entendue et que nos aspirations soient prises en compte. Pour que l’Inde cesse de se conduire comme une arm?e d’occupation et pour qu’elle pratique ici aussi cette d?mocratie qu’elle pratique chez elle ?, explique M. Javed Mir, qui fut l’un des premiers ? affronter le dispositif militaire indien les armes ? la main. Cet ancien dirigeant ?tudiant, aujourd’hui vice-pr?sident d’un parti ind?pendantiste, le Jammu & Kashmir Liberation Front (JKLF), avait saut? le pas apr?s avoir ?t? arr?t? et incarc?r? ? plusieurs reprises pour ses activit?s politiques. ? Comme bien des opposants musulmans ?, affirme-t-il.

Cela dit, la frustration des Cachemiris n’a peut-?tre pas ?t? le seul catalyseur de la lutte arm?e. ? L’ann?e 1989, remarque l’?diteur Tahir Mohiudin, c’est aussi l’ann?e de la d?faite des Sovi?tiques en Afghanistan. Dans l’euphorie, certains ont cru qu’il serait possible de r??diter au Cachemire contre l’Inde ce que les moudjahidins avaient r?alis? dans leur pays. ? Par exemple en recyclant une partie des combattants islamiques d?mobilis?s et des aides dont ils b?n?ficiaient via le Pakistan, pour les engager au Cachemire.

Ann?e de r?f?rence, 1989 marque le d?but d’une gu?rilla dans laquelle ceux qu’on appelle ici les ? militants ?, essentiellement de jeunes musulmans de la Vall?e, vont franchir les montagnes et la ligne de contr?le pour se rendre dans les camps d’entra?nement du Cachemire pakistanais, du Pakistan et, plus rarement, de l’Afghanistan. L?, ils re?oivent une formation militaire sommaire, compl?t?e par des cours d’instruction religieuse. Le Pakistan fournit la logistique et paie la facture. Apr?s un ? deux mois, les nouveaux combattants regagnent la Vall?e. Op?rant par commandos de 5 ? 10, ils jouent sur la mobilit?, frappent leur cible et disparaissent.

Pendant environ cinq ans, le combat a ?t? men? essentiellement par les ? militants ? cachemiris. Preuve, dit-on ici, qu’ils b?n?ficient d’un large soutien au sein d’une population dans laquelle pratiquement chaque famille a perdu un p?re, un fils, un fr?re, ou encore un ami. Car le tribut pay? ? cette guerre ignor?e par le reste du monde se chiffre en dizaines de milliers de vies. En douleurs indicibles que chaque conversation fait resurgir. Est-ce pour compenser cette terrible saign?e que l’on constate, ? partir de 1993, une nette augmentation des combattants ?trangers, pakistanais surtout, mais aussi afghans et soudanais, jusqu’alors peu nombreux ? Certains le pensent. D’autres rappellent qu’? l’?poque, et plus encore apr?s 1996, ann?e de la prise du pouvoir par les talibans en Afghanistan, des chefs religieux pakistanais radicaux, comme M. Maulana Masood, pr?chaient ouvertement ? la lib?ration du Cachemire qui fait partie de notre plan de destruction de l’Inde (4) ?. Jusqu’? ces derniers mois, ils recrutaient des volontaires et collectaient des fonds non moins ouvertement pour ce nouveau djihad.

Ces d?veloppements ont modifi? le rapport de forces au sein de la lutte arm?e. Selon l’inspecteur g?n?ral Rajinder Singh, un officier des Forces de s?curit? des fronti?res (Border Security Forces) qui offre le th? et les statistiques dans un bunker de Srinagar, la part des ? mercenaires ?trangers ? dans les effectifs des combattants, estim?s ? 2000 hommes, se situerait aujourd’hui entre 40 % et 50 %. Selon lui, le groupe arm? le plus important dans la Vall?e reste le Hizbul Mujahideen, fort d’un millier de combattants, cachemiris ? 85 %. Les 1 000 autres seraient, pour l’essentiel, r?partis entre quatre groupes pakistanais : le Lashkar-i-Taiaba, responsable, depuis un an, d’une s?rie d’op?rations-suicides ; le Jaish-e-Mohammed, r?put? proche de l’organisation Al-Qaida de M. Oussama Ben Laden ; enfin le Harakat-ul-Ansar et Al Badar.

Face ? ce dispositif, l’arm?e et les forces de s?curit? indiennes compteraient plus de 200 000 hommes sur le terrain. Au fil des ans, la guerre s’est faite plus meurtri?re. Elle aurait fait de 25 000 ? 40 000 morts dans la Vall?e. Macabre routine : chaque jour apporte son lot de victimes ? la ? une ? des journaux locaux. Des combattants mais aussi des civils pris pour cibles ou pris entre deux feux. A Srinagar, Baramulla, Kupwara, Sopore et dans tant d’autres villages, les cimeti?res sont pleins de jeunes ? martyrs ?. Les lois d’exception comme le Public Safety Act (PSA), adopt?es pour lutter contre la subversion, n’arrangent pas les choses. Des partis et organisations non violents se plaignent d’en faire les frais ? la moindre vell?it? d’opposition.

Les arrestations sont fr?quentes, les disparitions aussi. Les prisonniers de guerre sont rares. ? Habituellement, les militaires ne s’embarrassent pas de prisonniers ?, constate M. Manzoor Ganai, avocat ? la Haute Cour du Cachemire. Certaines unit?s paramilitaires ont mauvaise r?putation. C’est le cas du Special Operations Group et des National Rifles, r?guli?rement accus?s de meurtres, de viols, de racket et d’autres atteintes aux droits humains. En toute impunit? (Lire Des villageois sans histoire).

En 2001, pour sa douzi?me ann?e, le conflit cachemiri, loin de s’apaiser, a connu une nouvelle flamb?e de violence, une nouvelle h?catombe. En novembre dernier, les statistiques officielles faisaient ?tat de 4 000 incidents contre 2 500 l’ann?e pr?c?dente, de plus de 3 000 morts (1 600 ? militants ?, 1 000 civils et 500 soldats indiens) et de 4 000 bless?s, dont une majorit? de civils. L? encore, une forte augmentation.

R?guli?rement, des appels sont lanc?s pour mettre fin au bain de sang, marginaliser la lutte arm?e et favoriser un processus d?mocratique. Mais certains ? Srinagar n’y croient plus, ou ne veulent plus y croire. Pour ceux-l?, le r?tablissement d’un minimum de confiance, qui constitue un pr?alable, n’existe pas et rien n’est fait pour d?tendre l’atmosph?re. Au contraire. ? Ces derni?res ann?es, aucune tentative s?rieuse n’a ?t? faite pour combler le foss? qui s?pare l’Inde de la population, c’est cela la trag?die du Cachemire ?, d?plore Yousouf Jamil. Pour ce journaliste unanimement respect?, ? ne pas vouloir diff?rencier les groupes arm?s et les traiter tous de terroristes, c’est refuser de voir les r?alit?s, c’est se couper de toute possibilit? de n?gocier ?. Or, regrette-t-il, ? ? toutes les vraies questions, la seule r?ponse de l’Inde a ?t? la r?pression. Delhi a gaspill? son capital de sympathie. Maintenant il est bien tard ?.

Trop tard ?

De nombreux Cachemiris le pensent. D’autres veulent croire ? une derni?re chance. L’Inde, disent-ils, pourrait profiter, en 2002, d’une s?rie de circonstances favorables : lassitude de la population, nouvelle ?chance ?lectorale et effets positifs de la crise afghane, pour faire bouger les choses. Pour M. Mehboba Mufti, la cause est entendue : ? Si le gouvernement indien veut arr?ter l’h?catombe, il est urgent de r?tablir la confiance. Et d’abord de tenir des ?lections honn?tes. Sans cela rien ne sera possible. ?

Dans la perspective de l’ann?e ?lectorale au Cachemire, le premier ministre indien Atal Bihari Vajpayee s’est engag?, en ao?t 2001, ? tenir ici une consultation ? libre et honn?te ?. Reste cependant un passif ?lectoral plut?t lourd : apr?s la fraude de 1987, les partis ind?pendantistes et s?cessionnistes ont boycott? les consultations de 1996 et 1999. Principale force d’opposition, l’APHC affirme qu’elle ne participera plus ? des ?lections indiennes. A l’instar du Pakistan, elle r?clame d?sormais une consultation sous l’?gide de l’ONU et des n?gociations avec l’Inde incluant des Cachemiris. Cela ?tant, les Indiens peuvent-ils prendre le risque d’?lections vraiment libres alors qu’? l’?vidence la population ne leur est pas favorable ? ? En d?pit d’une majorit? ?lectorale des deux tiers, la Conf?rence nationale [le parti au pouvoir] reste ?loign?e des masses ?, ?crivait, en novembre 2001, le Kashmir Times.

L’Inde pourrait aussi tirer avantage de la crise afghane pour tenter de faire avancer le dossier du Cachemire. Mais il s’agit d’une option ? double tranchant. La mobilisation internationale contre le terrorisme, la politique proam?ricaine du g?n?ral Pervez Moucharraf et la dislocation du r?gime des talibans ont port? un coup s?rieux aux groupes islamistes op?rant au Cachemire et renforc? du m?me coup la main de l’Inde tant sur le plan int?rieur que sur la sc?ne internationale. A l’instar d’Indira Gandhi arrachant des concessions, en 1972, ? un Ali Bhutto affaibli par la perte du Pakistan oriental (devenu le Bangladesh), les dirigeants indiens se retrouvent en position de force face aux militaires pakistanais. Mais il n’est pas certain qu’ils aient envie de bouger sur ce dossier. Du moins pas tant qu’ils n’auront pas obtenu des preuves tangibles et la garantie que les dirigeants pakistanais sont d?cid?s ? d?manteler les r?seaux dirig?s contre le Cachemire indien. ? A mettre fin ? la terreur et au djihad ?, r?sume un haut fonctionnaire indien. On en est loin.

L’Inde para?t d’autant moins press?e de rouvrir cette bo?te de Pandore qu’elle ne veut pas de tiers dans cette affaire. C’est l? une constante de sa politique. Or il n’est pas impossible que la communaut? internationale, tirant les le?ons de la crise afghane, s’int?resse ? la poudri?re du Cachemire. Et qu’elle s’attache ? la d?samorcer en incitant les deux adversaires, d?tenteurs l’un comme l’autre de l’arme nucl?aire, ? n?gocier. ? La menace potentielle du conflit du Cachemire est consid?rable non seulement pour notre r?gion, mais pour le monde entier, estime M. Shabir Dar, secr?taire g?n?ral de la Conf?rence musulmane du Cachemire. La communaut? internationale doit faire quelque chose. ? Quoi qu’il en soit, l’Inde est bien d?cid?e ? ne pas se laisser forcer la main. ? Nous ne sommes pas un petit pays que l’on pousse ? telle ou telle concession, tel ou tel compromis contre sa volont? ?, affirme avec force un haut fonctionnaire des affaires ?trang?res.

Ce langage de grande puissance est doux aux oreilles des partisans d’une poursuite de la solution militaire. Or il n’en manque pas, et le conflit donne p?riodiquement lieu ? une surench?re nationaliste. Le ministre de la d?fense de l’Union, M. George Fernandes, celui de l’int?rieur, M. Lal Krishna Advani, et le premier ministre du Jammu-et-Cachemire, M. Farooq Abdullah, en appelaient r?cemment au droit de poursuite, pour pouvoir traquer les ? militants ? jusqu’? leurs sanctuaires pakistanais. D’autres ? faucons ? r?vent ouvertement d’une ? bonne guerre ? avec le Pakistan pour vider l’abc?s. Tous ceux-l? trouvent un ?cho favorable et des ?lecteurs dans la communaut? hindoue. Et, bien s?r, chez tous ceux, civils et militaires, qui profitent de la guerre. Dans ces conditions, remarquait cyniquement un journaliste cachemiri, ? le maintien du dispositif militaire et la mort de 500 soldats par an, ce n’est pas cher pay? pour une nation d’un milliard d’habitants ?.

P.S.

(1) L’Etat du Jammu-et-Cachemire, rattach? ? l’Inde, est constitu? de trois entit?s : le Cachemire (souvent appel? la Vall?e) occupe une position centrale ; le Jammu se trouve au sud et le Ladakh ? l’est. Sa population est estim?e ? huit millions de personnes, dont 61 % de musulmans, essentiellement au Cachemire, 30 % d’hindous au Jammu et 6 % de bouddhistes au Ladakh.

(2) Lire Negarajan V. Subramanian, ? Ombres nucl?aires sur le Cachemire ? et Selig S. Harrison, ? Les liaisons douteuses du Pakistan ?, Le Monde diplomatique, respectivement juillet 1999 et octobre 2001.

(3) Jyotindra Nath Dixit, Across Borders : 50 years of Indians Foreign Policy, Thomson Press India Ltd, New Delhi, 1998.

(4) D?claration au magazine pakistanais Newsline, Karachi, f?vrier 2000.

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