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Solidarité internationale

Le mythe de la mondialisation

dimanche 1er juin 2003, par VERNIERS*Gilles

Et si la mondialisation économique n’était qu’un mythe ? Et si la façon dont la mondialisation nous est présentée par ses plus chauds partisans (ou par les alter-mondialistes) ; n’était qu’une stratégie de subversion des esprits, de modelage des représentations allant dans le sens auquel ils aspirent ? Pour les sceptiques, le véritable danger est issu de l’idéologie néo-libérale Anglo-américaine, base des analyses les plus radicales sur la mondialisation. Le danger que ces discours font encourir est qu’ils tendent à vouloir pénétrer les esprits afin de créer une force du consensus, notamment au niveau du ton et des contenus des discours des cercles économiques et politiques. La mondialisation ne serait donc qu’une vue de l’esprit. Cela peut paraître farfelu, mais il faut néanmoins s’arrêter sur l’argumentaire que ces "nihilo-mondialistes" développent. Les réponses qu’ils donnent aux "mondialistes" de tout poils sont les suivantes :

L’économie hautement internationalisée actuelle n’est pas sans précédent. Elle n’est qu’une des nombreuses facettes prises par l’économie depuis l’industrialisation massive des années 1860. En fait, les auteurs considèrent que l’économie actuelle est moins ouverte et intégrée que l’économie des années 1870-1914.

Les firmes réellement multinationales sont rares. La plupart des compagnies ont une base nationale et elles font du commerce transnational.

La mobilité du capital ne produit pas d’investissements ou de transferts d’emplois massifs des pays avancés vers les États en développement. En fait, les investissements étrangers directs sont surtout concentrés dans les pays riches.

Découlant du point précédent, l’économie mondiale actuelle est loin d’être véritablement "globale". Le commerce, les investissements et les flux financiers sont concentrés dans la Triade Europe - Japon - Amérique du Nord.

Ces trois puissances économiques, le G3, ont la capacité, surtout si elles coordonnent leurs politiques, d’exercer une influence énorme sur les forces du marché global. Ce dernier n’est donc pas hors du contrôle et de la régulation des États, et ce même si la gouvernance économique internationale se heurte aux intérêts divergents des États puissants. Ce serait plutôt une bonne nouvelle. Non seulement nous ne vivrions pas dans une situation sans précédent (ce qui est rassurant, d’une certaine façon) mais en plus, on voit que l’économie ne s’est pas encore tout à fait dégagée du carcan étatique, ce qui laisse des marges de manœuvres aux acteurs politiques.

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