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CHINE

Pourquoi pas une "r?publique des villages" ?

Liu JUNNING

Sunday 24 August 2003, by JUNNING*Liu

Un politologue p?kinois connu pour ses opinions lib?rales esquisse sa vision d’une Chine transform?e par la r?appropriation des terres par les paysans.

Je qualifierais de "r?publique des villages" le nouveau mode de gouvernement. Il faudrait tout d’abord permettre aux paysans de devenir des citoyens libres, puis ? ces citoyens libres de s’autog?rer par le biais d’?lections, chaque village devenant une petite entit? r?publicaine. C’est la seule voie d’espoir pour la Chine, pour qu’elle dispose de v?ritables ?lections. Aujourd’hui, les ?lections sont vou?es ? rester purement formelles. En effet, la l?gislation actuelle pr?cise que les comit?s villageois issus des urnes sont plac?s sous la direction du secr?taire de la cellule du parti et doivent suivre les directives des autorit?s du canton. Les comit?s villageois en sont donc r?duits ? un r?le de "serviteurs des serviteurs" et ne peuvent disposer d’aucune autorit?.

Cette r?publique des villages n’est pas sans similitude avec l’autonomie des hobereaux d’antan. Mais alors beaucoup de gens n’avaient pas la qualit? de citoyen libre. L’autonomie ?tait celle des hobereaux. Dans la r?publique des villages, chacun est libre, tout autant que les citadins. Tous les citoyens sont ?gaux. Or, en Chine, la question de la propri?t? des terres est intimement li?e ? un r?gime politique fortement unifi? et centralis?. Que l’on rende les terres aux paysans, et ils seront des citoyens libres, il faudra bien que la campagne mette en pratique une certaine autonomie. Aussi, la r?forme du syst?me de propri?t? agraire ne concerne-t-elle pas seulement les paysans, elle constitue une remise en cause du centralisme s?culaire. Le r?gime politique chinois veut que le sommet dicte sa volont? ? la base, laquelle n’a pas - ou si peu - son mot ? dire. Une fois le droit ? la propri?t? des terres modifi?, de telles r?gles hi?rarchiques ne pourront plus s’appliquer. Rendre les terres aux paysans n?cessite de briser l’ordre politique actuel du tout unifi?, et de leur donner leur autonomie, d’o? la n?cessit? d’un gouvernement f?d?ral, qui ne prenne plus en charge que les projets d’int?r?t national.

Un grand nombre des troubles qui ont agit? la Chine dans le pass? a trouv? son origine dans la paysannerie. Or, si des fonctionnaires v?reux ont pu exploiter les paysans, c’est justement parce que ceux-ci, n’?tant pas propri?taires, ne disposaient d’aucune autonomie. Leur permettre de poss?der leur terre, de s’autog?rer et de r?gler leurs propres affaires serait extr?mement b?n?fique pour la stabilit? du pays, le progr?s de la soci?t? et le bonheur de l’ensemble de la population. Quand les paysans auront conquis des droits personnels, ils pourront se g?rer selon un syst?me de gouvernement plus transparent, d’o? une diminution de la corruption. Sans cela, les paysans ne sont pas en mesure d’exercer un contr?le efficace sur ceux qui les dirigent. L’instauration d’un droit ? la propri?t? des terres pour les paysans passe donc par la suppression du centralisme d’Etat et la mise en place d’un r?gime f?d?ral.

Extraits de "MINZHU ZHONGGUO" (New York)

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