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Le d?part forc? du premier ministre pakistanais montre les limites de la d?mocratisation du r?gime

Fran?oise Chipaux

Monday 28 June 2004, by CHIPAUX*Fran?oise

Karachi de notre envoy?e sp?ciale

Contraint ? d?missionner, samedi 26 juin, le premier ministre Mir Zafarullah Khan Jamali a ?t? "autoris?" - selon son propre terme - par la pr?sidence du Pakistan ? nommer son successeur, Chaudry Shujaat Hussein. Ce dernier pr?side la Ligue musulmane (PML-Q), un parti form? pour soutenir le pr?sident pakistanais, le g?n?ral Pervez Musharraf. M. Shujaat Hussein, qui devait ?tre confirm?, mardi, par les parlementaires de la majorit?, est cens? assurer seulement un int?rim, le temps pour le ministre des finances, Shaukat Aziz, de se faire ?lire ? l’Assembl?e.

La d?mission de M. Jamali, 60 ans, ?tait attendue depuis plusieurs mois, ses relations avec le pr?sident et avec Shujaat Hussein s’?tant d?t?rior?es. Il avait ?t? choisi, en novembre 2002, apr?s les l?gislatives, comme un candidat de consensus qui ne pouvait faire de l’ombre aux poids lourds de la PML-Q. Son successeur Shujaat Hussein, 58 ans, est avant tout un loyaliste de l’arm?e qui a commenc? sa carri?re dans les ann?es 1980 sous le r?gime militaire du pr?sident Zia Ul-Haq. Apr?s avoir servi l’ex-premier ministre Nawaz Sharif, il avait chang? de camp au lendemain du coup d’Etat militaire du g?n?ral Musharraf en octobre 1999, devenant le chef de la PML-Q, parti issu d’une scission de la PML de Nawaz Sharif pour soutenir l’arm?e.

POURPARLERS AVEC L’INDE

Ce changement ? la t?te du gouvernement ne modifiera pas la politique ext?rieure du Pakistan, que ce soit vis-?-vis du rapprochement en cours avec l’Inde ou de la lutte contre Al-Qaida le long de la fronti?re afghane. Les pourparlers entre l’Inde et le Pakistan, au niveau des num?ros deux des minist?res des affaires ?trang?res, se sont poursuivis comme pr?vu ce week-end ? New Delhi, particuli?rement sur le dossier du Cachemire ; lundi, les deux pays ont annonc? la r?ouverture de leurs consulats respectifs ? Bombay et Karachi. Autant de dossiers appartenant au pr?sident Musharraf qui reste le seul vrai centre de d?cision de la politique pakistanaise.

La perspective de la nomination de Shaukat Aziz au poste de premier ministre devrait rassurer l’Occident, tant cet ancien directeur de la City Bank, rentr? au Pakistan au lendemain du coup d’Etat du g?n?ral Musharraf, a su se faire appr?cier pour sa saine gestion de l’?conomie pakistanaise.

Le remplacement du premier ministre intervient ? un moment o? les rumeurs s’intensifient sur un changement d’intention du pr?sident Musharraf qui s’?tait engag? en d?cembre - en ?change du soutien des partis religieux ? sa confirmation par le Parlement de son poste de pr?sident - ? abandonner en d?cembre 2004 le poste de chef de l’arm?e. Le pr?sident a laiss? entendre que le Muttahida Majlis-e-Amal (coalition de six partis religieux) n’avait pas respect? tous les termes de l’accord conclu alors et qu’il pouvait donc aussi revenir sur son engagement. Le pr?sident Musharraf est r?guli?rement f?licit? par les Etats-Unis pour sa contribution ? la lutte antiterroriste, priorit? de Washington sur le respect des proc?dures d?mocratiques.

See online : Le Monde

P.S.

Article paru dans Le Monde, ?dition en ligne du lundi 28 juin 2004.

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