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Inde : M. Singh est charg? de former un nouveau gouvernement

Saturday 19 June 2004

Consid?r? comme un r?formiste, Manmohan Singh, qui a ?t? ministre des finances de 1991 ? 1996, est appr?ci? des milieux d’affaires aussi bien en Inde qu’? l’?tranger. Manmohan Singh, candidat du Parti du Congr?s dirig? par Sonia Gandhi, a annonc?, mercredi soir 19 mai, qu’il avait ?t? charg? de former un nouveau gouvernement par le pr?sident indien, Abdul Kalam.

M. Singh, 71 ans, premier ministre d?sign?, doit succ?der ? Atal Behari Vajpayee, 79 ans, chef du camp nationaliste hindou, qui a perdu les derni?res ?lections l?gislatives dans la plus grande d?mocratie du monde.

La nomination de M. Singh, ancien ministre des finances, fait suite ? l’annonce du retrait de la candidature de Sonia Gandhi, l’h?riti?re de la dynastie Nehru-Gandhi, qui a ?t? la cible de violentes attaques li?es ? ses origines italiennes.

"Je suis heureux d’informer la nation que je formerai le prochain gouvernement", a d?clar? ? la presse M. Singh ? l’issue d’un entretien avec le pr?sident Kalam. De son c?t?, Mme Gandhi, qui se tenait ? son c?t?, a dit que le gouvernement de l’Inde sera "en de bonnes mains avec M. Singh".

Le Congr?s, arriv? en t?te aux l?gislatives, sera soutenu au Parlement par la gauche indienne et des partis r?gionaux. M. Singh a indiqu? qu’il avait transmis au pr?sident Kalam "les lettres de soutien" des partis alli?s au Congr?s. Appel?e l’Alliance progressiste unie, cette coalition devrait compter vingt partis, y compris le Congr?s, et disposer de la majorit? absolue ? la Chambre basse du Parlement.

Manmohan Singh a pr?cis? que le gouvernement fonctionnerait avec "le soutien et les conseils de Madame" Sonia Gandhi, qui restera pr?sidente du Parti du Congr?s et du groupe parlementaire de cette formation.

UN R?FORMISTE

M. Singh a promis qu’il ferait de l’Inde "un mod?le de r?formes ?conomiques" qui offriront "de nouvelles chances aux pauvres et aux d?sh?rit?s" en vue du d?veloppement du pays.

Il s’est aussi engag?, lors d’une intervention sur la t?l?vision priv?e Aaj Tak, ? "mettre en ?uvre des politiques qui ne g?neront pas le progr?s de l’Inde, des politiques favorables ? la croissance", indiquant que les craintes des march?s financiers ?taient totalement injustifi?es. La Bourse de Bombay avait chut? de plus de 11 % lundi.

"Tout le monde souhaite que notre pays progresse vite, mais la pauvret? doit ?tre aussi ?radiqu?e. (...) Il est imp?ratif que maintenant nous travaillions ensemble pour donner au pays un gouvernement stable", a ajout? M. Singh.

Consid?r? comme un r?formiste, M. Singh est appr?ci? des milieux d’affaires aussi bien en Inde qu’? l’?tranger. Il a ?t? ministre des finances de 1991 ? 1996, o? il a men? une politique efficace de redressement financier du pays. En 1991, les r?serves en devises de l’Inde ?taient si basses qu’elles couvraient ? peine un mois d’importations. Le pays ?tait au bord du d?faut de paiement aupr?s de ses cr?anciers ?trangers.

Le premier ministre d’alors, Narasimha Rao, membre du Congr?s, nomme Manmohan Singh aux finances. Celui-ci se lance dans une r?forme compl?te de l’?conomie indienne, tr?s centralis?e ? l’?poque, qu’il consid?rait comme "contr?l?e de mani?re rigide", et particuli?rement protectionniste.

Il commence ? ouvrir l’Inde aux march?s ext?rieurs, d?value la roupie pour stimuler les exportations, assouplit les r?glementations pour favoriser les investissements ?trangers, combat la bureaucratie et lib?ralise la Bourse.

Ces efforts portent leurs fruits : en cinq ans ? la t?te de l’?conomie, il voit les investisseurs se presser vers l’Inde et, dans le m?me temps, r?duit l’inflation de moiti?, de 17 % ? 8,5 %.

Celle-ci est inf?rieure aujourd’hui ? 5 %. Les r?serves en devises sont pass?es de 1 milliard de dollars, au creux de la vague, ? 118 milliards de dollars actuellement. Et le taux de croissance du pays oscillera entre 6,5 % et 7 % au cours de l’ann?e fiscale s’achevant le 31 mars 2005, selon la banque centrale.

Les ?conomistes se demandent cependant si, cette fois, la t?che de M. Singh ne sera pas plus ardue qu’il y a treize ans car le Congr?s s’appuiera sur une large coalition, alors qu’en 1991, il b?n?ficiait d’une bonne marge de man?uvre.

P.S.

Avec AFP

Article paru dans Le Monde, ?dition en ligne du mercredi 19 mai 2004.

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