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D?veloppement

Des angel investors contre la fuite des cerveaux

Jean PIEL

Wednesday 11 July 2001

A Bangalore, au sud de l’Inde, surnomm?e la Silicon Valley du sous-continent, plusieurs dizaines de soci?t?s de logiciels ont ?t? cr??es gr?ce au soutien d’un angel investors. Ces anges sont des Indiens qui ont fait fortune dans l’informatique aux Etats-Unis et veulent ainsi participer au d?veloppement de leur pays sans pour autant y vivre. Une mani?re parmi d’autres de rem?dier ? la fuite des cerveaux, comme y invite le Pnud (Programme des Nations unies pour le d?veloppement) dans son rapport 2001 sur le d?veloppement humain.

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simputer

De notre correspondant en Inde

Bureaux paysagers, ?quipement dernier cri, ing?nieurs concentr?s sur leurs ordinateurs: Aztec, bas? ? Bangalore, dans le sud de l’Inde, donne l’impression d’exister depuis toujours. La firme n’a pourtant ?t? cr??e qu’en 1997 et la moyenne d’?ge de ses 160 employ?s n’atteint pas trente ans. Aztec enregistre d?j? un chiffre d’affaires de trois millions de dollars. Surtout, son capital de d?part ?tait de six millions. Banquier g?n?reux ou h?ritage mirobolant? Ni l’un ni l’autre, mais un angel investor. Import? des Etats-Unis, ce nom d?signe une personne riche, comp?tente dans un domaine, qui investit dans un projet pr?cis en ?change du contr?le de l’activit? de l’entreprise. Comme l’explique Sanjay Gupta, consultant en informatique: ?Les angel investors sont des Indiens qui ont fait fortune dans l’informatique aux Etats-Unis et veulent aider leur pays, mais pas y vivre?.

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cerveau

Plusieurs firmes de logiciels ont vu le jour gr?ce ? ces protecteurs, certaines avec des capitaux de 250 millions de dollars. Rien qu’? Bangalore, surnomm?e la Silicon Valley du sous-continent, 62 des 300 soci?t?s de logiciels install?es dans la ville ont ?t? cr??es gr?ce au soutien d’un de ces anges gardiens. ?Un jeune, sans patrimoine ni carnet d’adresses, n’obtiendra jamais un pr?t d’une banque. Ses id?es ne suffisent pas; les banquiers ne comprennent rien ? l’informatique et exigent des garanties solides. Un angel investor est la seule solution?, souligne Murali Krishnan, directeur financier d’Aztec. ?C’est aussi un moyen d’?viter la fuite des cerveaux. Enfin, on dispose de capitaux pour pouvoir travailler au pays. On b?n?ficie ainsi de l’environnement culturel, du faible co?t de la vie et des ing?nieurs comp?tents de l’Inde. Mais aussi des capitaux et des d?bouch?s commerciaux des Etats-Unis. On est ainsi deux fois gagnant?, ajoute T.S. Sathish qui a cr?? Ishoni Networks en 1998.

De vrais patrons

Au-del? de leur r?le financier, les angel investors servent aussi de parrain aux entreprises. Ils leur apportent leur cr?dibilit?, leur r?putation. Car ils ne soutiennent que des firmes sp?cialis?es, travaillant sur un projet dont les angel investors pensent qu’il correspondra ? un besoin d’ici dix ans. ?Jamais ils ne financeront une soci?t? qui con?oit des logiciels g?n?ralistes. Ici nous travaillons sur des technologies qui r?volutionneront le e-commerce?, explique Murali Krishnan.

Mais il ne faudrait pas donner le bon Dieu sans confession ? ces angel investors. Ce ne sont pas des m?c?nes et leur but n’est pas seulement d’aider leur pays natal. A la diff?rence d’une banque, ils interviennent dans l’activit? m?me de la soci?t? -pas seulement dans la gestion-, surveillant le recrutement, conseillant des voies de recherche, imposant des orientations strat?giques. Bref, ce sont les vrais patrons, m?me si, comme le pr?cise T.S. Sathish: ?C’est la personne qui a une id?e qui contacte un tel investisseur, jamais celui-ci qui cr?e une firme pour d?velopper une id?e ? lui?. Et Sanjay Gupta d’ajouter: ?Les angel investors pr?tent de l’argent ? des taux faramineux. C’est un moyen de se faire r?tribuer leur savoir-faire, leur parrainage et de diversifier leur portefeuille?. Le proc?d? ne choque pas Murali Krishnan : ?Les angel investors font un pari sur l’avenir. En informatique, seul le risque a de la valeur?.

See online : RFI

P.S.

Pic 1: Des ?l?ves de Bangalore naviguent sur Internet dans un centre d’acc?s gratuit. ? AFP

Pic 2: Swami Manohar, professeur d’informatique ? Bangalore montre deux mod?les de ?Simputer? (simple computer).

Article RFI publi? le 11 juillet 2001.

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