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Quelques idées pour une mondialisation solidaire

mercredi 28 mai 2003, par VERNIERS*Gilles

Dans un Etat démocratique, les inégalités de richesse et de patrimoine sont partiellement compensées par un système de redistribution organisé autour de l’impôt. Celui-ci permet par ailleurs d’assurer avec plus ou moins de succès l’accès du plus grand nombre à la santé, l’éducation, la sécurité. C’est ainsi qu’une collectivité politique prend son sens au regard de ses composantes, en créant des liens de solidarité entre classes favorisées et classes défavorisées(1). A cet égard, la mondialisation est très loin d’être démocratique, du fait qu’aucune autorité ou aucun mécanisme n’assure la redistribution de la richesse produite. Cette absence de mécanisme laisse le loisir à toutes sortes d’acteurs d’adopter des comportements carrément anti-solidaires (évasion fiscale, circulation de capitaux douteux, protectionnisme etc.Dans l’attente d’un « MMM » (Monde Miraculeusement Meilleur), les mesures suivantes pourraient être prises afin de lutter contre ces comportements délictueux et pour mettre en place les bases d’une mondialisation plus solidaire :

- Le prélèvement d’une taxe de 0,05% sur les transactions financières internationales. Cette mesure a été proposée dès 1983 par le prix Nobel d’économie Tobin. Le prélèvement de cette taxe est faisable à condition que tous les pays y participent quasi simultanément (pour répondre aux objections d’ordre pratique, on pourrait imaginer un accès aux instances internationales de régulation économique conditionné à la mise en œuvre effective de cette taxe). Cette taxe serait perçue par un organe supra-national consacré et verserait les capitaux récoltés aux pays en voie de développement.

- L’élimination des paradis fiscaux. On en compte aujourd’hui plus d’une cinquantaine (dont le Vatican, source ONU). Cela permettrait de lutter à la fois contre le blanchiment de capitaux douteux et de lutter contre l’évasion fiscale.

- Mettre fin au secret bancaire tout en respectant le principe de la liberté de propriété et du droit à la confidentialité.
- Rendre publique et transparente l’évaluation des marchés financiers. Il est surprenant que le classement (rating) des pays en fonction de leur « santé financière » se fasse par des sociétés privées d’experts financiers non encadrées par une quelconque autorité publique. La crédibilité de l’économie d’un pays et par là-même sa capacité à attirer des capitaux (sous forme de prêts ou d’investissements) est largement tributaire de la cote qui leur est attribuée au cours de ces exercices. Ceux-ci devraient être encadrés par un Conseil mondial pour la sécurité économique et financière. Ce Conseil devrait veiller au bon usage de la finance au service du développement et du bien-être de base de l’ensemble de la population mondiale.

Ces mesures entendent adresser certains des aspects les plus néfastes de la mondialisation économique. Malheureusement, peu d’éléments aujourd’hui nous autorisent à penser qu’elles seront bientôt d’application, le problème étant que celles-ci, pour être effectives, doivent être pour la plupart d’entre elles mises en place de façon collective et simultanée.

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